Dimanche 22 Septembre, 2019

TPS: des Haïtiens intentent un procès contre Trump pour racisme

Les 50, 000 ressortissants haïtiens qui bénéficient, jusqu’ici, du Statut de Protection Temporaire (TPS) risquent d'être expulsés vers Haïti, juillet 2019, date qui marquera la fin du programme. Plusieurs plaignants, membres d’organisations qui défendent la cause des immigrés haïtiens bénéficiaires du TPS depuis l’après 12 janvier 2010, ont intenté ce lundi 7 juillet, un procès contre le président américain pour déterminer si la décision ne traduit pas l’élan raciste de ce dernier. Ce procès, introduit par un conseil de neuf membres, au tribunal fédéral de Brooklyn, devrait durer quatre jours.

Plusieurs membres de la communauté haïtienne, des représentants élus, des leaders religieux ainsi que des défenseurs de l’immigration dont Steve Forester (coordonnateur des politiques d’immigration de l’Institut pour la Justice et la Démocratie en Haïti), Marlène Bastien (Directrice générale du Family Action Network Movement-FANM, ont fait valoir que la « décision est illégale, inconstitutionnelle et motivée par l’animosité raciale de Donald Trump à l’égard des Haïtiens et autres immigrants de couleur ».

La poursuite, lit-on dans un communiqué, allègue que le gouvernement a violé la loi dans la manière de mettre fin au TPS, que la décision était préméditée et motivée par l’animisme racial ». Ils ont, à cet effet, fait allusion à diverses déclarations troublantes faites par Trump lors des réunions organisées à la Maison Blanche autour du TPS où « il décrivait Haïti comme un pays sans scrupule ». Jocelyn Gay, employé du journal Haïti Liberté (basé à New-York), avance que « la décision de Trump est basée sur le racisme, la démagogie et des tentatives politiques pour les xénophobes ».  

Pour le directeur juridique du projet national sur l’immigration de la National Lawyers Guild, des milliers de familles haïtiennes risquent la séparation et la décision de Trump est prise en mépris des lois américaines. Selon Sejal Zota, c’est inacceptable que la politique d’immigration soit conduite par le racisme.

Steve Forester (cité plus haut), affirme de son côté que le cas d’Haïti justifie la nécessité de maintenir le TPS, en raison des récentes catastrophes qui ont touché le pays. Le tremblement de terre du 12 janvier 2010, l’épidémie de choléra (introduite par la mission onusienne, ndlr) qu’il qualifie « de plus meurtrière au monde » et l’ouragan Matthew. Michaelle Solages, députée au congrès et parlementaire d’origine haïtienne à l’assemblée législative de New-York, estime que « la tentative de Trump de supprimer le TPS pour les Haïtiens est malveillante, injuste et elle aura des conséquences néfastes pour nos intérêts ici aux USA ».

Les plaignants avancent que la déportation vers Haïti de ces 50,000 concitoyens (qui risquent de perdre leur emploi) et leurs 27, 000 enfants nés sur le sol américain mettra en danger leur vie. Matthieu Eugène, membre du conseil, croit que « l’infrastructure socio-économique d’Haïti n’est pas assez stable pour gérer un afflux de ressortissants haïtiens dont la vie est perturbée par  la fin du TPS en juillet ».

L’avocate Ira Kurzban appelle à un renversement de l’arrêt « prémédité » du TPS au terme du procès.

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