Mercredi 22 Novembre, 2017

TPS : Jovenel Moïse écrit au président Donald Trump

Le président américain Donald Trump et le président haïtien Jovenel Moise

Le président américain Donald Trump et le président haïtien Jovenel Moise

Le président de la République, Jovenel Moïse, confie avoir écrit au président américain, Donald J. Trump, pour lui demander de renouveler le TPS pour les quelques 50 000 haïtiens béficiant de ce programme de protection temporaire. 

Le compte à rebours a déjà commencé. Des milliers d’haïtiens vivant aux Etats-Unis avancent tout droit vers le 22 juillet, date fatidique à laquelle le programme de statut de protection temporaire (TPS) accordé à des haïtiens vivant en situation irrégulière aux Etats-Unis après le passage du séisme de janvier 2010, expire.

La menace de déportation pendue comme une épée de Damoclès, les manœuvres de l'administration Trump à l'approche de la date d'expiration du programme, l'inquiétude grandissante chez les concernés, les esprits s’échauffent à mesure que les jours passent. Et comme pour conjurer le sort, des centaines d'immigrants haïtiens et des défenseurs de l'immigration se mobilisent, des "congressmen" américains les rejoignent. Dans les rues, à travers des correspondances, les moyens varient, mais la fin reste la même : appeler le président américain, Donald Trump à renouveler le TPS en faveur des Haïtiens.

Les autorités haïtiennes n’en sont pas du reste. Au plus haut niveau de l’Etat et à la dernière minute, Jovenel Moïse, président de la République, écrit à son homologue américain, Donald Trump sur la question. On n’en sait pas grande chose sur la teneur de cette lettre. Seule certitude : « La lettre, déjà envoyée, doit être reçue incessamment par le président Donald Trump », a assuré le chef de l’Etat lors d’une interview exclusive accordée à la Radio Télévision nationale d’Haïti (RTNH) et radio Scoop Fm sur ses 100 premiers jours au palais national, mardi 16 mai 2017.

L’ambassadeur Paul Altidor, dans une lettre au secrétaire d'Etat de Homeland Security, John F. Kelly, a fait cette plaidoirie : « Permettre l’expiration du TPS avant qu’Haïti ne soit en mesure de supporter le retour de ces plus de 50 000 ressortissants provoquera une augmentation immédiate de la pauvreté parce que des milliers de gens ne disposeront plus du soutien économique de membres de leurs familles installés aux États-Unis. » L’ambassadeur a clairement indiqué dans cette correspondance qu’il  « serait plus bénéfique pour les États-Unis en temps et en ressources de renouveler le TPS que de prévenir des voyages maritimes clandestins et risqués vers son territoire. »

 « En sollicitant le renouvellement du TPS pour au moins 18 mois, le gouvernement haïtien travaille avec diligence pour s’assurer que le pays soit préparé à recevoir adéquatement ses ressortissants », estime le chancelier haïtien.  

Récemment, une délégation de l’Association des industries d’Haïti (ADIH) a rencontré une quarantaine de sénateurs et députés américains et des cadres de l’exécutif a plaidé pour le renouvellement du TPS, a rapporté le journal Le Nouvelliste qui a cité Georges Sassine, président de l’ADIH.

Ces démarches arrivent à un moment où l'administration Trump décide de rechercher des preuves sur les crimes commis par certains de ces immigrants. Des e-mails internes que l’Associeted Press a obtenus des Services de la citoyenneté et de l'immigration des Etats-Unis ont montré que l’agence veut savoir combien des 58.000 Haïtiens inscrits au programme du TPS, et qui bénéficient des avantages publics n'en sont pas admissibles. Une affaire qui a suscité l'indignation de certains membres du Congrès américain et de plusieurs défenseurs des immigrants.

Pour rappel, le statut protection temporaire (TPS) a d'abord été accordé aux Haïtiens sous l'administration d'Obama suite au tremblement de terre dévastateur du 12 janvier 2010. L'éligibilité des Haïtiens au TPS  a été prolongée à plusieurs reprises. Cette fois, elle devrait expirer le 22 juillet prochain. L'administration Trump doit décider avant le 23 mai afin de pouvoir donner un préavis de 60 jours aux concernés sur ce qu'elle entend faire.