Dimanche 22 Septembre, 2019

TPS : des Haïtiens pourraient vivre leur dernier Thanksgiving aux USA

CP: Michael S. Williamson/The Washington Post

CP: Michael S. Williamson/The Washington Post

Ce jeudi 22 novembre 2018, les Etats-Unis d’Amérique célèbrent la traditionnelle fête du « Thanksgiving ». Dans la foulée, des Haïtiens vivant dans la République étoilée pourraient en train de vivre ce moment pour une dernière fois. En effet, en raison des décisions prises par l’administration Trump décidant de mettre fin aux protections accordées aux immigrés haïtiens, entre autres, dans le cadre du programme TPS, plusieurs d’entre eux seraient obligés de retourner en Haïti.

Parlant de Thanksgiving, le Washington Post allume son projecteur sur des immigrés haïtiens travaillant pour la marque américaine dénommée « Butterball », connue comme la plus grande usine de traitement de dinde au monde. Ces travailleurs qui, grâce aux gains obtenus dans cette entreprise située dans la petite ville de Mount Olive en Caroline du Nord, prennent soin de leurs familles en Haïti autant que possible, sont également menacés par la suspension du TPS.

« Jean Felix Petit-Frère, un grand-père de 63 ans, est l’un des 59 000 Haïtiens travaillant dans le cadre du programme de protection temporaire (TPS) créé à leur intention après le tremblement de terre de 2010 qui a déclenché une crise humanitaire en Haïti. Comme beaucoup de ces immigrants, il envoie chez lui une grande partie de son salaire […] », écrit le journal américain.

Pour sa part, Elisena Joseph, également âgée de 63 ans, « traîne chaque matin dans une combinaison épaisse et un chapeau d'hiver. Elle gagne plus de 12 $ l'heure en nettoyant la viande de dinde, surpassant en 60 minutes ce qu'elle a gagné en une semaine en vendant des tomates et du chou sur les trottoirs de Port-au-Prince, il y a huit ans ».

« Elle a utilisé son revenu de Butterball pour aider deux de ses fils à s'installer au Chili, un autre pays où les Haïtiens ont trouvé des opportunités économiques. Un seul de ses cinq enfants vit toujours en Haïti, sa fille aînée, Cécile Cherisca, 48 ans », détaille le média.

Les immigrants haïtiens ont ravivé la ville de dinde de l'Amérique

Selon le Washington Post, la petite ville de Mount Olive a retrouvé son souffle après que 1 500 immigrants haïtiens se soient installés dans la région à l'été 2010, attirés par la perspective de travailler à Butterball. Les dindes Butterball sont l'une des marques les plus reconnaissables de Thanksgiving. Chaque année, l'installation de Mount Olive traite 500 millions de livres. L’on relate, en outre, que « l'arrivée d'ouvriers tels que Petit-Frère, il y a huit ans, a transformé la société et la ville qui l'entoure, remplissant les logements vacants, créant de nouvelles entreprises et injectant de l'argent dans les épiceries et les détaillants locaux dont les revenus ont stagné ».

Comme bon nombre d’entreprises et marques américaines bénéficiant de main d’œuvres d’immigrés, Butterball est aussi affectée par cette mesure du département de la sécurité intérieure qui a publié un avis mettant officiellement fin au TPS. Il s’ensuit que « les détenteurs de permis existants pourraient travailler jusqu'au 22 juillet 2019, après quoi ils devraient alors partir ».

Le renouveau qu’a connu la région ces huit dernières années risque de ralentir en cas de départ des migrants haïtiens. Par ailleurs, les autorités locales craignent un tel cas de figure.

« Si les Haïtiens et les autres immigrants partaient soudainement, pas seulement sur le Mount Olive, mais aussi dans l'est de la Caroline du Nord, l'agriculture subirait un coup dur », a déclaré Charles Brown, le directeur municipal de la ville, cité par le Washington Post. « Ils ont contribué à l'économie. Ils ont contribué au marché du travail », a-t-il poursuivi.

Il a été rapporté que la population habitant la zone de Mount Olive a connu une augmentation de 30 % avec l’arrivée des Haïtiens, alors qu’elle comptait 4 700 habitants en 2010, avant le séisme ayant occasionné cette migration. Au fait, il s’avère que « cela avait permis de relancer l’économie locale », selon Charles Brown, le directeur municipal de cette petite ville.

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