Jeudi 3 Décembre, 2020

Témoignage très puissant d’un médecin haïtien malade du Coronavirus

Dr Gyliane Woël. Crédit photo: Le Nouvelliste

Dr Gyliane Woël. Crédit photo: Le Nouvelliste

Dr Gyliane Woël n’a aucun souvenir quant au lieu ou la façon dont elle a été infectée, malgré la campagne de calomnie qu'elle a subie sur les réseaux sociaux faisant croire qu'elle aurait contracté le virus lors d'une une fête.

Lorsque Dr Gyliane Woël, 63 ans, avait commencé à faire face à l’assaut répété d’une toux incommodante, deux jours plus tard une fièvre s'y est ajoutée, des signes maladifs qui l’ont rapprochée du covid-19. Elle n'en a pas fait qu'à sa tête, elle s’est adressée à un médecin, un ancien étudiant, pour faire son diagnostic. Nous sommes le 1er avril.

Vingt-quatre heures plus tard elle est testée positive au nouveau coronavirus. Dans la tourmente, elle est conduite dans l’urgence à l’hôpital universitaire de Mirebalais (Centre) où elle a été accueillie par un personnel médical « chaleureux ». 

« J’ignore ou je l’ai attrapé [covid-19, ndlr]», dit-elle, fustigeant le comportement de certains internautes faisant circuler des rumeurs sur sa personne.

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« Il y avait une cinquantaine (50) de personnes à cette fête, donc pourquoi je suis la seule à l’attraper ? » se questionne-t-elle, pour botter en touche l'hypothèse selon laquelle elle aurait attrapé le virus à une fête tenue le 15 mars.

Personnel médical hors-pair

 « Il fallait prendre mon courage à deux mains et mettre la peur de côté », révèle-t-elle en entrevue cette semaine sur plusieurs médias de la capitale (Radio Magik 9, Radio Télé Métropole etc.).  

Là-bas, elle y a vécu pendant huit jours en suivant un protocole médical quotidien de deux antibiotiques : azythromicine et augmentin. 

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« Après l’examen des gaz sanguins, on m’a aussi prescrit de la chloroquine chaque huit (8) heures de temps », explique-t-elle, ajoutant que la prescription est due à la corpulence de la personne infectée.

« Ils font un travail extraordinaire à Mirebalais. J’étais émerveillée du professionnalisme et de la compétence de ces cinq (5) jeunes médecins qui se donnent à cœur joie dans ce qu’ils font », témoigne-t-elle avec une insistance sans borne.

En quarantaine

De retour chez elle le week-end écoulé, elle s’est isolée comme l’avait suggéré le personnel médical. « Je dois rester en quarantaine pendant quatorze (14) jours, m’a conseillé les médecins », dit-elle. Certes elle ne ressent plus à présent les assauts répétés du virus, mais elle garde un langage mâtiné de prudence sur la question de guérison.

« Il faut attendre un mois [période de détection du virus à celle de rétablissement ou guérison, ndlr] pour savoir si le virus a complètement disparu de votre système », émet l’ancienne pensionnaire de la Faculté de médecine et de pharmacie de l’Université d’État d’Haïti (UEH) en dermatologie, détentrice d’une sous-spécialisation en France.

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Dans les émissions interposées, elle a parlé de stigmatisation envers les malades du covid-19, ce mal rongeur capable de décupler la souffrance du malade.

Le professeur Nelson Bellamy, première personne suspectée d'être atteinte du covid-19 en Haïti, avait fait les frais de ce syndrome destructeur avant que son test a été révélé négatif. 

Dr Woël invite la population à faire preuve de prudence parce que c’est la « maladie de la solitude », dit-elle.

« Vous êtes seuls au monde après l'avoir rattrapé ». 

Websder Corneille

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