Jeudi 24 Janvier, 2019

Haïti-Fact-Checking: Une guerre voilée entre Toma et T-Check

Haïti-Fact-Checking: Une guerre voilée entre Toma et T-Check

Haïti-Fact-Checking: Une guerre voilée entre Toma et T-Check

A l’heure où les informations pullulent sur les plateformes en ligne, certains s’en préoccupent et veulent y remédier. En 2018 deux fact-checkers émergent en Haïti et ont tous les deux un but commun : celui de fiabiliser au maximum les informations que l’on reçoit. Il s’agit de Toma et de T-Check. Deux plateformes au service de la population afin de l’aider à mieux utiliser les informations.

Il reste un point sur lequel les tenants de chacun de ces plateformes n’arrivent pas à se mettre d’accord. L’un et l’autre prétendent être le premier fact-checkers en Haïti. Qu’en-est-il en réalité ?

« La similarité entre les deux c’est que ce sont deux fact-checkers, qui essayent de lutter contre les fausses nouvelles », explique l’un des membres du Réseau des Blogueurs haïtiens Ludwy René Jean Paul (Ti Lou). Ils sont tous les deux de même nature, sur ce point, les deux parties se mettent d’accord.

Cependant, le coordonnateur et rédacteur de T-Check Franciyou Germain rapporte que chez eux, pour effectuer le travail, T-Check utilise les enquêtes, visites et appels de leurs journalistes pour les vérifications, alors que les responsables de Toma, eux, disent recourir à l'intelligence artificielle.

Questionné sur la question, Ti Lou affirme que la différence résulte dans la manière de procéder. T-Check c’est le recensement de bonnes et de mauvaises nouvelles au moyen d’un catalogue, tandis que Toma est une application. « Cette dernière est un outil qui aide à apprécier une info que l’on peut confirmer ou infirmer. Elle vérifie la source, la forme et le fond du texte, pour lui attribuer une certaine fiabilité », raconte-t-il. Cet outil permettra d’apprécier une information avant de la partager, ajoute le blogueur.

Loin d’être juste une affaire de méthode ou d’outils utilisés, cette concurrence qui semble vouloir éclater entre les deux tenants a une origine, ou mieux, une cause plus réelle. T-Check a été lancé en 2016 et a obtenu le premier Hackaton sur le métier du journalisme organisé par la Fokal et une organisation internationale dénommée Hackstorry. Malheureusement le projet n’a pas eu le financement promis par Fokal.

Et aujourd’hui, les responsables de T-Check considèrent que ceux de Toma sont en quelque sorte leur concurrent direct, car ces derniers ont été supportés par la Fokal alors qu’ils sont nouveaux, soi-disant, et que la même institution n’a pas voulu leur fournir le financement, qui leur revenait de droit qui pis est.

« Ils ont tort de dire qu’ils sont le premier fact-checker en Haiti », lance amèrement Franciyou Germain. Alors que le lancement de Toma a eu lieu le lundi 10 décembre dernier, celui de T-Check le samedi 15 au local de la Banj à Delmas.

Y-a-t-il lieu de parler de concurrence quand on s’adonne a la même tâche ? Seuls l’avenir et la performance des deux fact-checkers en décideront.

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