Mercredi 15 Août, 2018

Taux de change: le dollar bouscule la gourde une fois de plus

Photo : Graphie économie - Crédit : Haiti économie

Photo : Graphie économie - Crédit : Haiti économie

69 gourdes pour un dollar américain. La dévaluation de la monnaie locale se poursuit. Cette dévaluation est la conséquence de la politique néolibérale appliquée par les autorités haïtiennes selon les déclarations de l’économiste Camille Chalmers.

Ce mercredi 18 juillet, le billet vert s'achète à 69 gourdes pour 1 dollar à partir d’un montant de 500 dollars. La gourde qui était le 4 mai 2018 à 64.2218 HTG pour 1 dollar américain continue de plonger par rapport à celui-ci. Le directeur exécutif de la Plateforme Plaidoyer pour un développement alternatif prône une politique économique tournée vers la relance de la production nationale et non vers l’importation.

La situation économique actuelle du pays est le résultat de la politique néolibérale appliquée par les autorités haïtiennes, croit savoir Camille Charlmers. Il souligne que cette économie est tournée beaucoup plus vers l'importation que sur l’exportation. L'économiste s'en prend aussi à la banque centrale haïtienne et exhorte les autorités gouvernementales à appliquer une politique économique qui favoriserait l'augmentation de la production nationale.

Selon Chalmers, la dévaluation de la gourde par rapport au dollar est une tendance structurelle de long terme, les décisions de la banque centrale dit-il ne font que favoriser la dollarisation de l’économie haïtienne. Ce mécanisme est établit par le biais du financement des importations et les types de crédit. Cette logique économique ne favoriserait en rien la production nationale. Ce qui, selon Monsieur Chalmers, renforce la dépendance de l’économie haïtienne par rapport à l’extérieur.

Par ailleurs, il existe un autre problème majeur selon lui: celui de la capacité de direction qui se traduit par la capacité de conduite que "nous pouvons démontrer à la politique monétaire", explique-t-il. Par ceci, l’économiste entend l’applicabilité des décisions prise par la banque centrale, qui ne sont pas appliquées par les maisons de commerces et les banques commerciales.

A titre d’exemple, il cite la dernière décision de la BRH de libeller en gourde toute les transactions qui n’est jamais respectée. L’économiste dit trouver aberrant les différences entre les taux de change dans les différentes banques commerciales ainsi que la fixation du taux de change par l’ambassade américaine en Haïti, par exemple. Selon lui, ces institutions exploitent les consommateurs et font payer le prix d’achat du dollar selon leurs propres taux et non au taux de référence fixé par la BRH.