Mardi 15 Octobre, 2019

Tariq Ramadan est sorti de prison mais reste poursuivi pour viols

Tariq Ramadan, le 26 mars 2016 à Bordeaux

Tariq Ramadan, le 26 mars 2016 à Bordeaux

Incarcéré depuis sa mise en examen le 2 février pour des viols qu'il conteste, l'islamologue suisse Tariq Ramadan a quitté la prison de Fresnes (Essonne) vendredi, mais il doit désormais se soumettre à un contrôle judiciaire strict pendant que l'enquête se poursuit.

La chambre de l'instruction avait décidé cette libération jeudi, alors que sa quatrième demande de remise en liberté avait initialement été rejetée par le juge des libertés et de la détention.

En vertu de cette décision, Tariq Ramadan a dû verser une caution de 300.000 euros et remettre son passeport suisse. Il a également l'interdiction de quitter le territoire ou d'entrer en contact avec les plaignantes et certains témoins.

Son avocat a également déposé fin octobre une nouvelle demande de retrait de ses mises en examen pour le viol présumé de deux femmes, Henda Ayari et celle que les médias surnomment "Christelle". Leurs plaintes successives avaient lancé l'affaire à l'automne 2017.

"Je n'ai pas à fuir, je suis totalement innocent de ce dont on m'accuse. (...) Je vais rester en France et défendre mon honneur et mon innocence", avait-il déclaré jeudi pour tenter de convaincre les juges qui examinaient son appel contre le rejet, la semaine dernière, de sa quatrième demande de remise en liberté.

Vendredi, les deux plaignantes, très actives sur les réseaux sociaux où elles sont victimes de harcèlement, ont dit craindre que cette libération galvanise les soutiens de l'intellectuel.

Après l'annonce de la libération, "j'ai été harcelée, j'ai reçu des appels anonymes, des insultes, ça a duré toute la nuit", a rapporté Henda Ayari sur RTL. "On me dit que je vais le payer... Donc je suis plus choquée par ce regain de violence à mon encontre que par sa libération en fait".

À l'audience jeudi, Tariq Ramadan avait plaidé avec force son innocence pendant une vingtaine de minutes. "Je n'ai jamais violé, je ne suis pas un violeur. C'est vrai que j'ai commis une erreur, j'ai pensé à protéger ma famille. C'était une erreur et une bêtise de ma part que ce mensonge", s'est-il justifié.

"La cour ne va pas se prononcer sur les charges qui pèsent contre vous, mais sur la question de votre maintien ou non en détention", l'avait rappelé à l'ordre le président.

Une troisième femme, Mounia Rabbouj, a porté plainte à son tour en mars, mais à ce jour, les juges d'instruction ne se sont pas prononcés sur ces faits.

bl-mch-asl-adm/epe/bma

Recevez gratuitement les dernières nouvelles d'Haïti et d'ailleurs directement sur votre téléphone en téléchargeant l'App de Loop News :