Dimanche 22 Septembre, 2019

Sur nos routes nationales, des conducteurs font tout pour mourir...

Un Tap-tap sur la route nationale # 1

Un Tap-tap sur la route nationale # 1

Si les accidents de la route font autant de morts, de blessés et de handicapés en Haïti, à côté de l'état des routes et celui des véhicules, l'attitude de certains conducteurs est en grande partie responsable. Il ne faut que le temps d'un voyage via l'une de nos routes nationales pour en faire le constat. 

Vous connaissez certainement de bons conducteurs dans la ville d'où vous venez. Des gens qui respectent, appliquent les principes et les codes de la route, qui font preuve de retenu et de respect en particulier de la vie en conduisant. Eh bien vous seriez surpris de voir ce que deviennent la plupart de ces modèles une fois sur une route nationale. On va dire que certains perdent carrément les pédales !

Risques injustifiés et injustifiables, excès de vitesse... comme si certains ne faisaient qu'assister leur propre performance. Sur les routes nationales, des scènes presque surréalistes se produisent constamment. Des bus doublent des camions sans prendre en compte la vitesse de course de ces derniers ou la présence d'autres véhicules arrivant en face; des chauffeurs prennent les virages sans ralentir, font usage de lumières aveuglantes sur des routes non éclairées. D'autres conduisent en parlant au téléphone, en chattant ou en état d'ébriété.

Tout cela pour une seule et unique fin: des accidents de la route les uns les plus meurtriers que les autres, dans un pays où les hôpitaux, là où l'on en trouve un, peinent à venir en aide aux patients par manque de moyens de toutes sortes - dont la difficulté de trouver du sang pour les patients devant subir une intervention chirurgicale après leurs blessures. La mort de l'ex-ministre de la santé publique, Michaëlle Amédée Gédéon, est l'un des exemples les plus troublants.

 

Plusieurs explications plausibles à un tel comportement de la part des conducteurs: la première, dans les grandes villes, généralement, la circulation est difficile en raison notamment du nombre élevé de voitures, de motocyclettes et de piétons. Les gens roulent donc au ralenti et s'ennuient au volant à force de freiner, d'attendre de longues minutes dans les bouchons. Alors, une fois sur une nationale, le grand boulevard, ils se lâchent, se laissent conduire au lieu de conduire.

Autre raison, l'insécurité. Sur une route nationale, dans certaines zones très réputées en particulier, les gens ont parfois peur d'être arrêtés par les bandits, commente le docteur Garnel Michel de l'organisation Stop Accidents. Alors, pour éviter de se faire prendre, la formule pour certains c'est l'accélération. Et l'on ne va pas oublier, comme le rappelle docteur Michel, qu'à partir d'une certaine vitesse, les conducteurs ont moins de chance de pouvoir éviter sans danger les obstacles.

En outre, il faut ajouter à l'attitude affichée derrière le volant, l'état des véhicules. La plupart ne font même pas l'objet des contrôles nécessaires avant d'être mis sur la voie publique. Dans le cas de nombreux accidents, les conducteurs avouent que leurs freins ont lâché ou que d'autres problèmes techniques qui auraient pu être résolus s'ils étaient détectés lors d'un check up, en sont les causes. 

Faire de la sécurité routière une priorité

C'est ce que recommande Garnel Michel. Pour lui, "Il faut faire de la sécurité routière une priorité". L'Etat doit prendre ses responsabilité en ce sens, en: renforçant la présence policière sur la publique pour empêcher les dérives et en faisant en sorte que les routes soient en meilleur état. Vient ensuite l'intensification de la sensibilisation en vue de responsabiliser les conducteurs qui devront, à leur tour, adopter une meilleure attitude non seulement en prenant soin de leurs véhicules mais aussi en agissant mieux au volant.

 

Recevez gratuitement les dernières nouvelles d'Haïti et d'ailleurs directement sur votre téléphone en téléchargeant l'App de Loop News :