Jeudi 21 Novembre, 2019

Sous pression, Jovenel Moïse augmente le salaire minimum

Première page du numéro du journal officiel « Le Moniteur », avec au sommaire, l’arrêté fixant le salaire minimum à compter du 1e novembre 2019.

Première page du numéro du journal officiel « Le Moniteur », avec au sommaire, l’arrêté fixant le salaire minimum à compter du 1e novembre 2019.

Le président de la République, à travers le gouvernement démissionnaire, a annoncé une augmentation du salaire minimum. Pour le secteur textile par exemple, les ouvriers recevront désormais 500 gourdes comme salaire pour une journée de 8 heures de travail. Selon l’arrêté présidentiel, ces nouvelles dispositions entrent en vigueur depuis le 1er novembre 2019.

A travers un arrêté en date du 31 octobre 2019, publié dans le journal officiel « Le Moniteur », le gouvernement démissionnaire, après délibération en conseil des ministres, fixe le nouveau salaire minimum, qui concerne plusieurs secteurs d’activité. La grille salariale est ainsi repartie:

Dans le « segment A » qui touche notamment les personnes travaillant dans les secteurs de l’électricité, de la télécommunication et de la finance, les ouvriers gagneront à partir du 1er novembre, 550 gourdes pour une journée de huit (8) heures de travail. Pour le « segment B » qui regroupe des entreprises du secteur minier, des vêtements entre autres, le salaire est fixé désormais à 440 gourdes. Dans le « segment C », regroupant notamment des travailleurs dans la restauration, de l’agriculture…, les ouvriers percevront 385 gourdes comme salaire journalier.

Pour le personnel de service à domicile, regroupé dans le « segment E », le salaire minimum est passé désormais à 250 gourdes. Dans le « segment F » qui rassemble les industries textiles et celles travaillant dans la manufacture, le salaire minimum est passé de 420 à 500 gourdes. Le « segment G » qui contient les agences de sécurité et le secteur pétrolier, le salaire minimum est fixé à 440 gourdes. Et dans le « segment H », considéré comme la dernière catégorie, où l’on trouve des écoles professionnelles privées et des institutions de santé privée, le salaire minimum est de 440 gourdes.

Cette augmentation de 20 % n'aura pourtant pas calmé les ardeurs des membres du secteur ouvrier qui emploie, souligne l'AFP, plus plus de 52'000 personnes dans le pays. En se basant sur le coût de la vie dans le pays, les syndicats estiment que c'est insuffisant.

« Jovenel Moïse n'ajoute que 80 gourdes par jour alors qu'on a un taux d'inflation à 20% » déplore Dominique Saint-Eloi, coordonnateur de la centrale nationale des ouvriers haïtiens. « C'est une pitance pour les ouvriers. On exige 1500 gourdes par jour et des mesures d'accompagnement social pour le transport et le logement», ajoute le syndicaliste cité par l'AFP.

Rappelons que la Chambre des députés avait, en mars dernier, voté à l’unanimité une proposition de loi fixant le salaire minimum dans la fourchette de 335 à 800 gourdes. La nouvelle augmentation annoncée cette semaine, arrive dans un contexte où la monnaie nationale connait une forte dépréciation. « Octobre 2018: le salaire minimum pour 8h de travail en usine textile était fixé à 420 gourdes (soit à l’époque $6,06 US). Novembre 2019: le gouvernement fixe ce salaire à 500 gourdes ($5,13 US) », a souligné sur son compte Twitter, la journaliste de la Radio France Internationale, Amélie Baron.

Entretemps, Haïti connait un taux d’inflation historique d’environ 20%, alors que la croissance économique touche déjà la barre des 0,1%. Dans la foulée, plusieurs secteurs de la vie nationale craignent une crise alimentaire, suite à des semaines de protestation, où les activités économiques ont été paralysées à travers tout le pays. Des entreprises privées ont même annoncé leur fermeture définitive, tandis que d’autres mettent en disponibilité certains employés.

Loop News, avec AFP

 

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