Mardi 20 Février, 2018

SOFA: "L’État doit offrir une aide psychologique aux victimes"

Sabine Lamour estime que le pays génère trop de souffrance et de frustration, l’Etat doit couper court à l’irresponsabilité comme mode de gestion politique. / Estailove St-Val/LoopHaïti

Sabine Lamour estime que le pays génère trop de souffrance et de frustration, l’Etat doit couper court à l’irresponsabilité comme mode de gestion politique. / Estailove St-Val/LoopHaïti

Après l’incendie du marché Hyppolite la nuit dernière, la situation des commerçants devient plus préoccupante. Fait connu de tous, des milliers de marchands vivotent à partir d’un crédit bancaire à des taux d’intérêt élevés.

À côté des toutes les voix qui se sont levées depuis ce mardi pour condamner le sinistre, la Solidarité Fanm Ayisyen (SOFA) prend position et « condamne » cet énième incident qui « vient affaiblir davantage les commerçantes », selon Sabine Lamour, coordonnatrice de l’organisation.

« La récurrence de l’acte enjoint l’Etat de prendre ses responsabilités, mener des enquêtes sérieuses afin de sévir contre les coupables », a avancé Sabine à la rédaction de Loop Haïti. « Nous devons cesser avec cette politique de l’autruche ».   

Sabine croit que cette situation peut « provoquer des dégâts considérables et un état de vulnérabilité auprès des commerçantes ». « Nous savons ce que cela signifie pour une femme de vivre une pareille situation », explique-t-elle, au cas où l’argent investi provient d’un crédit hypothécaire.

À cet effet, elle pense que l’« Etat doit offrir une aide psychologique aux victimes, particulièrement aux femmes » pour empêcher l’aggravation de la situation à d’autres niveaux plus complexes. « Le dédommagement annoncé par le chef de l’Etat doit se faire de différentes manières », émet-elle.

La coordonnatrice de la plus grande organisation féministe d'Haïti réclame un plan d’urgence pour les sinistrés. « L’Etat doit prendre en charge la dette des commerçantes », soutient-elle. Elle leur conseille de profiter de ce moment pour poser le problème de la restructuration de l’accès au crédit. Cette affaire de « ponya » est trop anxiogène, regrette-t-elle.   

Sabine estime que le pays génère trop de souffrance et de frustration, l’Etat doit couper court à l’irresponsabilité comme mode de gestion politique.  

« Lorsque l’Etat délaisse ses responsabilités dans un dossier quelconque, les victimes appellent sans arrêt les organisations de femmes », déplore la sociologue.

Sabine Lamour explique que les organisations féministes se confrontent à des situations où elles sont obligées d’intervenir sur des problèmes appartenant à l’espace privée.