(PHOTOS) SMS Kreyòl : le Jazz de toutes les générations

Ils ont osé un pari ambitieux : marier le jazz, que plus d’uns estiment lassant et élitiste, et le folklore que d’autres prétendent ennuyeux et dépassé. Et ca fait « craquer » !

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Pianiste, bassiste, saxophoniste…, ils ont pris goût à la musique très tôt et ont suivi leur passion. Même s’ils agissaient jusque là de manière disparate, sans objectifs communs. Depuis qu’ils ont rencontré Claude Carré, grand maitre de la musique classique ici en Haïti qui les ont initiés au jazz, ils ont décidé de prendre les choses au sérieux et se faire utiles.

Il y a tout juste deux ans. À eux quatre, Nathanaël Cinéus, Steeve Cinéus, Markly Chéry, Edlin Olivier, ont ainsi fondé - avec l’intégration par la suite de Ricardo Lafond- le groupe musical à l’appellation très originale : SMS Kreyòl. Leur originalité tient surtout au choix d’un genre assez difficile pour un début et improbable par rapport à leur âge : le jazz, la musique des anges.

Tout l’orchestre était en pleine interprétation au studio de Baxx pour une session de Loop Akoustik un de ces vendredis. Ils ont repris, -ou mieux, réadapté- « Kouzen », « Mèsi Bondye », de grands titres du répertoire musical haïtien, avec évidemment une agréable touche de jeunesse.

La musique est une langue universelle. Point besoin d’être fin connaisseur du jazz pour se laisser emporter par le vent du saxo, le claquement du piano, le déchainement de la batterie, le vibrement de la guitare, accompagnés d’une voix légèrement nasale qui susurre par moment une parole créole dont les notes sont tout aussi mesurées et harmonisées.  

Les critiques de musiques reconnaitront aisément qu’ils pratiquent le « smooth jazz» ou « popjazz ». Eux, ils revendiquent carrément leur attachement aux musiques traditionnelles. En réalité, les deux parties ont raison. Et c’est pour « vendre la couleur locale» et « démystifier le jazz » que SMS Kreyòl s’est aventuré dans cette fusion de jazz et de folklore.

Markly : « Le jazz [nous] permet d’exprimer [nos] sentiments et dégager tant d’émotions. Nous avons choisi ce genre musical pour transmettre des messages. » Naturellement, leur cible première est cette génération de jeunes qui porte pourtant une sensibilité à fleur de peau pour le « Rabòday ». Mais « les personnages du troisième sauront se retrouver dans notre musique et apprécier nos performances», plaide Markly qui a trainé sa bosse sur les grandes scènes avec  Yolette Lagrandeur, Rénette Désir, Darline Desca.

La connexion est passée. Tout récemment le quartet a joué sur la scène de Presse-Café dans le cadre du 11ème Festival International de Jazz de Port-au-Prince et a envouté le public composé de jeunes et moins jeunes, d’Haïtiens et étrangers. « Très bonne soirée. Bravo les gars ! J’ai craqué pour « S.M.S Kreyòl »! Je l’avoue sans fard », exalte un critique dans les colonnes du quotidien Le Nouvelliste.

D’ici là, les gars se forgent eux-mêmes un nom dans le milieu musical haïtien et misent pleinement sur la richesse culturelle du pays pour aller de l’avant avec leur SMS Kreyòl et propulser leur carrière personnelle. Ils ont les talents sous les doigts, des projets et des rêves pleins la tête. Leur premier album est concoction en studio. Mais on se garde de dévoiler pour l’instant le titre et les compositions. Seule certitude, ca promet d’être « intéressant », à en croire Steeve qui a tout de même été modeste dans ses prétentions. Pourquoi ne pas le prendre au mot ?

#LoopAkoustik avec SMS Kreyòl 

 

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