Dimanche 8 Décembre, 2019

« Sistèm peze souse sa, fò n kraze l », a dit Jovenel Moïse au MUPANAH

Le Président de la République, Jovenel Moïse, accompagné des autres officiels, en train de déposer une gerbe de fleurs aux pieds du monument des Héros au MUPANAH. Photo: Page Facebook/Président Jovenel Moïse.

Le Président de la République, Jovenel Moïse, accompagné des autres officiels, en train de déposer une gerbe de fleurs aux pieds du monument des Héros au MUPANAH. Photo: Page Facebook/Président Jovenel Moïse.

A l’occasion de la célébration des 216 ans de la bataille de Vertières, ce lundi 18 novembre, le président de la République s’en est pris une fois de plus au « système » qui, dit-il, entrave le développement du pays. Jovenel Moïse qui a déposé une gerbe de fleurs au Musée du Panthéon national haïtien (MUPANAH), dit vouloir suivre l’exemple de bravoure des Héros de l’indépendance.

« Ils ont fait une bataille que l’humanité n’avait jamais connue [avant, ndlr]. Des soldats, des va-nu-pieds et des esclaves se sont révoltés pour sortir du système esclavagiste ». Les premières phrases prononcées par le chef de l’Etat à sa sortie du Musée du Panthéon National (MUPANAH). « Aprè 216 lane, batay pou endepandans ekonomik lan fò l kòmanse. E se pou sa, sistèm peze souse sa fò n kraze l », a déclaré Jovenel Moïse, dans une courte déclaration à la presse.

Après avoir déposé une gerbe de fleurs aux pieds des Héros de l’indépendance, le président de la République n’a pas manqué de tirer à boulets rouge, sur « le système », qu’il entend combattre coûte-que-coûte, durant son quinquennat.

 

Tout-de-suite après MUPANAH, Moïse s'est dirigé vers le Palais national pour la deuxième partie de la cérémonie, marquant les 216 ans de la bataille de Vertières. Contrairement aux traditions, le président ne s’est pas rendu sur la place des Héros au Cap haïtien, dans le cadre de cette célébration. Il s'est contenté de marquer la journée au Palais et au MUPANAH, en absence des pouvoirs législatif et judiciaire, quoique, dans une correspondance, le bureau du protocole du palais présidentiel avait invité le président du Sénat, Carl Murat Cantave, à prendre part aux cérémonies.

Céder aux pressions de l'opposition politique

Quelques jours avant la date du 18 novembre, les dirigeants de l’opposition avaient mis en défi le président de la République, de se rendre dans le Nord. « Vertières nous appartient. Nous n’allons pas laisser Jovenel Moïse souiller les monuments, salir l’épopée de nos Héros », avait déclaré André Michel, porte-parole du Secteur dit démocratique et populaire.

Dans la foulée, l’opposition ont annoncé pour ce même 18 novembre, une grande journée de mobilisation à travers tout le pays, particulièrement à Port-au-Prince et dans la Ville du Cap-Haïtien. Par ces manifestations qui se sont tenues mais avec une faible participation de la population, les opposants entendent continuer à exiger la démission de Moïse, et la mise en place d’un gouvernement de transition. Les opposants parlent en ce sens d'une opération baptisée : « Bourik », pour forcer au chef de l’Etat de quitter le pouvoir.

Rappelons qu’en 2018, Jovenel Moïse n’avait pas mis les pieds sur la place des Héros, dans le cadre de la célébration du 215e anniversaire de la bataille de Vertières. Pour marquer cette date, le chef de l’Etat s’était contenté de faire une offrande florale au MUPANAH, suivie d’une adresse à la nation préenregistrée. Le 17 octobre 2019, date de la mort de l’Empereur Jean Jacques Dessalines, Moïse, face aux pressions des opposants, ne s’est pas rendu également au Pont rouge, comme le veut la tradition

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