Samedi 26 May, 2018

"Semaine du livre"/FLA : un moyen d’inciter les étudiants à la lecture

Une vue de l'assistance au deuxieme jour de la "Semaine du livre" à la Faculté de Linguistique Appliquée (FLA-UEH)./ Photo : Jean Guilbert Bélus (Facebook)

Une vue de l'assistance au deuxieme jour de la "Semaine du livre" à la Faculté de Linguistique Appliquée (FLA-UEH)./ Photo : Jean Guilbert Bélus (Facebook)

Depuis deux ans, les étudiants de la Faculté de Linguistique Appliquée (FLA) conjuguent leurs efforts pour célébrer l’objet-livre par l’entremise d’une activité baptisée : « Semaine du livre ». Cette année, l’évènement s’était déroulé du 23 au 30 avril dernier en présence de professeurs, personnels et étudiants liés à la cause de la lecture. La jeune écrivaine haïtienne Magdalée Brunache a été l’invitée d’honneur.     

Lundi 23 avril, en pleine commémoration de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, une conférence s’est tenue à la salle Pierre Vernet (père fondateur de la FLA décédé le 12 janvier 2010 des circonstances tragiques du séisme). Les panellistes Philémon Mondésir, éditeur à la Maison d’Édition Bohio et James Jean Junior, critique littéraire de son état, ont souligné l’importance de la littérature dans la société. Ils ont également posé la problématique de l’édition ainsi que celle du droit d’auteur.

« Des efforts commencent à être faits dans le but de protéger nos auteurs en Haïti », reconnait Philemon, cependant il existe davantage d’imprimeurs dans le pays que d’éditeurs, ajoute-t-il. Il postule que nombreux auteurs doivent souvent verser une cotisation s’ils souhaitent publier leur livre. En somme, le public avait droit à une présentation très structurée de la chaine du livre de manière standard.

James Jean Junior Rolph, pour sa part, a mis l’accent sur les faibles moyens de production de la population en abordant la question du droit d’auteur en Haïti. « Les étudiants sont obligés de photocopier de nombreux ouvrages, faute de moyens économiques », explique-t-il. Une intervention qui n’avait pas manqué de pertinence.

D’autres conférenciers/panellistes ont pu gravir le podium tout au long de ladite semaine. Parmi, mardi 24 avril, le journaliste et mémorant en Linguistique, Websder Corneille a fait une lecture structuraliste du roman Parabole du failli (Actes Sud, 2013) de l’auteur haïtien Lyonel Trouillot. Pour lui, ce texte est « autosuffisant », qu’il n’a pas besoin d’un « hors soi » pour faire sens.  Quoique présentant des arguments probants, le journaliste a aussi reconnu la limite de l’approche structurale dans son applicabilité.

Par ailleurs, un atelier de réflexion sur quatre (4) grands chercheurs en linguistique a réuni bon nombre d’étudiants de la FLA désireux d’approfondir leurs connaissances en la matière.  La projection d’un film documentaire en présence de l’invitée d’honneur Magdalée Brunache, s’est terminée sur une causerie au cours de laquelle l’auteur ainsi que bon nombre d’étudiants ont parlé de leurs expériences avec l’objet-livre.

C’était l’occasion pour la lauréate de la 3e édition du concours de nouvelles de l’APROFH et de CPECC (2016) de confier au public l’un de ses plus grands projets, dont celui de lire tous les prix Nobel de littérature. Elle a aussi parlé de son roman en gestation sans offrir aucune piste sur la trame.  

Pour la clore cette semaine riche en surprises, le poète Coutechève Lavoie Aupont, prix René Philoctète de la poésie en 2016, a animé un  atelier portant sur la thématique : « inspiration et choix des images en poésie ». Il a fourni aux étudiants amoureux de la poésie quelques techniques pour écrire de bons poèmes.

« Lorsqu’on écrit, ce qui importe c’est ce que l’on compte partager avec ses lecteurs », postule ce dernier, assumant l’idée qu’un poème n’a de sens que par rapport au choix de l’auteur. Et « l’inspiration d’un auteur n’est autre que l’ensemble de ces expériences amassées au cours de sa vie », argumente-t-il avec brio. « Pour la réalisation de nos écrits, il suffit de les puiser ! »

L’atelier s’en était suivi de la finale du concours de poésie qui avait pour thème : la laideur. Cinq (5) poèmes étaient en lice, mais celui de Malaïka Lamarre, étudiante en première année (vacation A.M), a raflé haut les mains le premier prix. Suivi de celui de Gustelle Bernadine Dalgé, étudiante en troisième année (vacation P.M). Les deux premiers gagnants ont reçu en cadeau des livres de linguistique et de littérature. Ce concours visait à encourager les poètes en herbe de la FLA.

Pour sa deuxième édition, la semaine du livre a été, selon les membres organisateurs, un vrai succès. Le public encore une fois a répondu à l’appel. « Nous voulons instaurer cette activité comme une tradition à la FLA afin que les promotions à venir puissent développer- au sein de la communauté estudiantine- cette culture de la lecture », affirme l’étudiant en troisième année Jean Guilbert Bélus, cheville ouvrière de ce projet. Le comité organisateur met déjà le cap sur l’année prochaine.

Wyddiane Prophète

FLA/UEH

Niveau III