Mardi 20 Août, 2019

Haïti: 85% des diplômés quittent le pays, selon Saulo Neiva

Saulo Neiva, directeur du bureau régional de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) Crédit Photo : France 3

Saulo Neiva, directeur du bureau régional de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) Crédit Photo : France 3

85% des étudiants diplômés en Haïti quittent le pays, selon Saulo Neiva, directeur du bureau régional de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF). Il a présenté ses chiffres lors de son intervention durant une journée d’assises sur l’enseignement supérieur et la recherche en Haïti, le 8 mai dernier.

La fuite des cerveaux que connait Haïti depuis l’ascension au pouvoir de François Duvalier se poursuit, même si c'est pour des raisons différentes d’autrefois. A l'instar de Michael Jean, Dany Laferrière entre autres, qui avaient fui le pays pour aller chercher leur voie ailleurs, de nombreux jeunes universitaires diplômés quittent le pays une fois leurs études bouclées.

Selon le directeur du bureau régional de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF), 85 % des diplômés sont concernés par cette réalité. « 85% des étudiants diplômés en Haïti finissent par quitter le pays », a-t-il fait savoir lors d’une journée d’assises sur l’enseignement supérieur et la recherche en Haïti. Ces statistiques représentent, en fait, environ 10 % de plus que celles enregistrées sous le règne des Duvalier. Inquiétant.

Cet état de fait, d’après Neiva, engendre un déficit intellectuel grave pour le pays. Monsieur Saulo Neiva qui invite les acteurs à agir, pense que le problème doit être attaqué sous plusieurs formes puisqu’il existe des difficultés socio-économiques réelles et qu'il est difficile pour les jeunes de trouver un emploi ou de créer une entreprise chez eux. Mais aussi, il existe le facteur culturel qui fait croire que laisser le pays est un signe de réussite sociale.

Le directeur de l’AUF, expliquant que les jeunes diplômés qui laissent le pays en direction d’autres territoires plus cléments sont souvent exposés, dans leur terre d'accueil, à des travaux hors de leurs champs de compétences, rappelle à tous les acteurs qu’ « il n’existe pas de solution miracle » et qu'il faut coûte que coûte agir.

À rappeler qu'en octobre 2018, en Haïti, pas moins de 138 institutions d’enseignements supérieurs ont été reconnues par les instances compétentes, d’après Paul Yves Fausner. Des centaines d’étudiants diplômés sortent de ces institutions tous les ans.

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