Vendredi 19 Juillet, 2019

Secteur touristique en crise: des employés d’hôtels bientôt révoqués

La façade de l’hôtel Karibe, situé à Juvenat, Pétion-Ville./Photo-Source: Transat.

La façade de l’hôtel Karibe, situé à Juvenat, Pétion-Ville./Photo-Source: Transat.

L’industrie touristique n’a pas encore fini de payer les conséquences de la crise politique et économique dans laquelle Haïti semble davantage s’enfoncer. Les patrons d’hôtels sont aux abois et se voient obligés de mettre en disponibilité une bonne partie de leurs employés, voire même les révoquer dans les mois à venir.

Les occupations des chambres ont significativement chuté, selon ce qu’a laissé entendre Richard Buteau, manager de Karibe Convention Center, niché au cœur du chic quartier de Juvénat. Il a confié au quotidien Le Nouvelliste que 30 de ses collaborateurs sont en passe d’être mis en disponibilité avant d'être renvoyés le mois prochain.

Les troubles politiques, l’insécurité et la criminalité galopantes qui touchent depuis quelques mois Haïti, les prix excessifs des billets d’avions, la diminution des vols des compagnies aériennes opérant sur le marché local et,  sans oublier, l’alerte de niveau 4 imposé sur le pays par le Département d’État Américain, déconseillant les étrangers à voyager vers Haïti, ont considérablement conduit à une baisse d’activités.

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Les autres secteurs connexes dont l’agriculture, le commerce, la restauration, le transport et la communication, en paient aussi les frais, selon l’économiste Pierre Marie Boisson. Jacques Villejoint, responsable de l’Avis en Haiti, agence de location de voitures, a confirmé une baisse des chiffres d’affaires à la compagnie installée ici depuis les années 90. De nombreuses entreprises éprouvent donc des difficultés à respecter le délai de paiement de leurs crédits, a-t-il révélé.

Béatrice Nadal Mevs, présidente de l’Association Touristique d’Haïti (ATH), parle d’un taux d’occupation des hôtels de la capitale et de la Côte-des-Arcadins qui varie entre 15 et 30%. Pour le Sud et le Sud-est, les opérateurs avaient déjà tiré la sonnette d’alarme face à la montée en flèche de l’insécurité à l’entrée sud de la capitale.

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Cette situation, a-t-elle expliqué au journal, oblige maintenant les hôtels à licencier les employés. Ils n’y voient encore aucune porte de sortie pour le moment.

Avec un gouvernement intérimaire dont le mandat est arrivé à terme depuis le 21 avril, tenant compte des incessantes troubles civiles et manifestations populaires qui peuvent éclater d’un moment à l’autre, après tous ces assassinats et scènes de fusillades perpétrées par des bandits armés, il est difficile de prédire si l’industrie connaitra dans les mois à venir des jours heureux.

Le président Jovenel Moïse peine encore à trouver un accord avec les partis politiques en vue de composer le prochain gouvernement que l’opposition souhaite consensuel.

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