Mercredi 12 Décembre, 2018

On saura bientôt combien de vaudouisants pratiquants vivent en Haiti

Guédé au cimetière de Port-au-Prince,1er novembre 2017/ Photos: Estailove St-Val/ Loop Haiti

Guédé au cimetière de Port-au-Prince,1er novembre 2017/ Photos: Estailove St-Val/ Loop Haiti

En 2018, Haiti va enfin avoir droit à son cinquième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2018). C’est l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI) qui en a fait le lancement le 7 décembre 2017, à Port-au-Prince.

La confédération nationale des vodouisants haïtiens (KNVA) organisera elle aussi, dans le cadre du RGPH-2018, « une sorte de recensement » en vue d’identifier et répertorier les lieux de cultes, les lieux sacrés, les « lakou » existant dans le pays. Cela permettra d’avoir les chiffres exacts quant au nombre de vaudouisants pratiquants (« pitit-fèy »), appartenant à une structure vaudou permanante, vivant en Haiti.

Le rapport de ce dénombrement, qui sera prêt d’ici mars 2018 suivant les promesses du KNVA, sera remis au Ministère des cultes. C’est d’ailleurs sous la demande de ce Ministère que la confédération des vodouisants, principal « interlocuteur en Haiti dans le dialogue Etat-Vaudou », organisera cet exercice, a fait savoir à la rédaction de LoopHaiti, Euvonie Georges Auguste, grand serviteur au sein de la KNVA.

Le dernier dénombrement réalisé par la KNVA avait révélé l’existence de 226 Lakou dans plusieurs départements du pays, dont les plus connus sont les Lakou Souvenance et Badjo (dans le département de l’Artibonite), Lavil Okan (Nord-Ouest), Lakou Kanpèch (Nord), Antoine nan Gommier (Grand’Anse), selon la Mambo.

Le dénombrement n’était pas complet, mais Auguste estime qu’il doit y avoir entre 1,500,000 à 2,500,000 structures vaudou dans le pays (badji, demanbre ect). « Mais à partir de mars 2018, nous pourrons nous fournir des chiffres exactes », promet-elle.

Déjà, des banderoles de sensibilisation signées KNVA sont visibles dans la capitale, et, informe Auguste, des formations pour formateurs ont déjà débuté.

L’ONU recommande l’organisation de recensement tous les ans dans un pays. Les quatre derniers exercices en Haiti ont eu lieu en 1950, 1971, 1982 et 2003. Le coût total du cinquième recensement de la population, qui sera réalisé avec beaucoup de retard, s’élève à 29,8 millions de dollars américains, selon le budget prévisionnel. L’Etat haïtien contribuera à hauteur de 5,7 millions de dollars, la Banque mondiale (Bm) à 10 millions, la Banque interaméricaine de développement (Bid), à hauteur de 8 millions et le Canada, 6,1 millions.

Quant à l’exercice du KNVA concernant le dénombrement des vaudouisants, la Mambo n’a pas pu donner de chiffre en ce qui a trait aux ressources nécessaires à la poursuite du projet. « Il coutera de l’argent », s’est-elle contentée de dire.

« Nous comptons sur le soutien de bailleurs, des organisations, l’Etat et surtout sur la volonté des nombreux membres des structures de la confédération éparpillés sur tout le territoire national, grâce auxquels l’activité coutera beaucoup moins qu’elle devrait… », conclut-elle.

KNVA aura 10 ans le 1er janvier 2018. Elle promeut depuis sa naissance l’organisation et l’institutionnalisation du vaudou en Haiti.

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