Sarah Elizabeth Charles attendue au 11e festival PaP Jazz

Sarah Elizabeth Charles est parmi ces femmes qui rehausseront l’éclat du onzième Festival International de Jazz de Port-au-Prince.

Janvier 2014. On est au Parc Canne à Sucre, site culturel et historique situé au boulevard 15 Octobre, à Tabarre. Il passe pour un lieu mémoriel, capable de déterrer de l’oubli un bon pan de l’enfer colonial et de la traite des noirs arrachés à leur Guinée aimante. C’est là que Sarah Elizabeth Charles ouvre officiellement la huitième édition du Festival International de Jazz de Port-au-Prince qui programmait, entre autres, et ce en tête d’affiche la bête de scène Sandra N’Kake, native du Cameroun.  Un an plus tôt, Branford  Marsalis, saxophoniste américain au succès mondial, y a planté ses pieds.

Mais Sarah Elizabeth Charles, née aux États-Unis de parents haïtiens, devrait accompagner le pianiste Willerm Delisfort,  invité d’honneur de cette édition et aussi tête d’affiche : il est capable de croiser Ray Charles et Bob Marley. Sarah E. Charles, dans un morceau musical, a voulu rompre le silence de cette nuit pour imposer une voix souple, une tessiture qui ne trahit pas son style et ses gouts.

Elle a interprété des titres composés, taillés par le pianiste Willerm. Je me souviens de cette vocaliste toute candide dont le timbre épousait avec grâce, classe et justesse les mélodies qui déboulaient sous les griffes de Willerm Delisfort. On dirait Billie et Nat ?

Un an plus tard, soit le 24 mars 2015, Sarah Elizabeth Charles sort son tout premier disque. Plus qu’une réussite musicale, cet opus où se nichent treize morceaux reste une œuvre élaborée.

J’ai encore déniché dans la voix enveloppée de Sarah la même langueur,  la même tendresse, les mêmes inflexions, le même pouvoir d’escalader les registres.   Sur « Inner Dialogue », treize musiques sont gravées. La chanteuse, très attendue à la onzième édition du festival PaP Jazz qui se déroulera du 4 au 11 mars dans la capitale haïtienne, a rassemblée une pléiade de musiciens virtuoses.

Jesse Elder  au piano : fluidité et  sens d’impro.  Burniss Earl Travis II  est à la basse).  John Davis, batterie. Au rang  d’artistes invités, on signale, sur le disque, la présence de Christian Scott, trompettiste et coproducteur.  Pour Sarah, Christian fut un pilier du disque. « Il m’a aidée à bousculer les limites de chaque composition, à déployer le plein potentiel de chaque morceau ». Camila Meza est à la guitare, ainsi que le très remarquable Jesse Fischer. Sarah réussit à tisser des liens de complicité musicale avec toutes ces têtes chassées sous le ciel New-Yorkais.

Ce retour sur l’album permet de mettre en lumière la démarche de Sarah où elle offre un éventail de rythmes allant du jazz (pas pur jus)  à la soul, du rock aux chants racines. « Breathe » (premier titre), « Nardis » et « Bells » (neuvième et dixième titre), « White and blue » (la vidéo peut être visualisée sur YouTube) sont les différents titres. Comme pour mieux s’ancrer dans le terroir et teinter l’album de couleur locale, elle offre deux arrangements bien travaillés et bâtis à partir des traditionnels « Yoyo » et « Choucoune », symbolisant un retour aux sources. 

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