Mardi 20 Août, 2019

Sandra Honoré : il reste beaucoup à faire pour la stabilité en Haïti 

Le président Jovenel Moïse, la chef de la MINUSTAH Sandra Honoré, entourés de deux casques bleus, déposent une gerbe de fleur en hommage aux soldats péri en mission. Crédit photo : Présidence d’Haïti.

Le président Jovenel Moïse, la chef de la MINUSTAH Sandra Honoré, entourés de deux casques bleus, déposent une gerbe de fleur en hommage aux soldats péri en mission. Crédit photo : Présidence d’Haïti.

L’heure du départ de la Mission des Nations Unies pour la Stabilité en Haïti a sonné. Après 13 ans de mission en Haïti, les derniers des soldats casque bleus ont fait leur valise. Hier jeudi 5 octobre, une cérémonie officielle de clôture de la Mission s’est tenue au Camp Général Jaborandy à Tabarre.

Entre bilan et hommage, la soirée a été ponctuée de la descente symbolique du drapeau onusien, d’une minute de silence et d’un dépôt de gerbes de fleurs pour les soldats tombés en mission, de discours officiels. Occasion pour le président Jovenel Moïse,  de « remercier l’Organisation des Nations Unies (ONU) pour son support à la République d’Haïti pendant les 13 années d’accompagnement des autorités nationales à travers la MINUSTAH. »

Le Chef de l’Etat ne s’est pas attardé sur le dossier du cholera dont l’ONU reconnait sa responsabilité sans prendre l’engagement de dédommager les victimes. Il a exprimé sa reconnaissance envers la cheffe de la MINUSTAH, Sandra Honoré, pour « sa contribution à la stabilisation politique en Haïti et à la professionnalisation de la Police Nationale d’Haïti. »

«Il reste encore beaucoup à faire pour qu’Haïti atteigne la stabilité et le développement durable auxquels tous et chacun aspirent », a avoué Madame Honoré qui dirige la MINUSTAH depuis quatre ans, citée par AFP.

Car la fin des activités de la MINUSTAH s’effectue sous fond d’instabilité sociopolitique. Pas plus tard qu’hier, quelques heures avant la cérémonie, l’opposition a organisé une  nouvelle journée de manifestation de rue pour dénoncer le budget 2017-2018 actuellement en vigueur. La manifestation s’est soldée par deux blessés par balles et plus d’une vingtaine d’arrestation.

Si la mission des Nations Unies, déployée en Haïti en 2004 au lendemain de la chute du régime de Jean-Bertrand Aristide, peut se féliciter d’avoir contribuer à la réalisation de l’élection « démocratique de trois présidents » en Haïti, son  bilan est aussi marqué par des abus sexuels, actes de violence, et l’épidémie de cholera introduite par les soldats népalais ayant fait et plus de 10 mille morts.  

Le départ de la MINUTAH ne signe pas pour autant la fin des missions des Nations Unies en Haïti.  Une nouvelle mission, MINUJUSTH (Mission des Nations unies pour l’appui à la justice en Haïti) prendra le relais à compter du 16 octobre avec un effectif de 1.275 policiers pour une période de six mois  pour « aider le gouvernement haïtien à renforcer les institutions de l'état de droit en Haïti; d'appuyer et de développer encore la Police nationale d'Haïti, et de suivre la situation en matière de droits de l'homme, d'en rendre compte et de l'analyser. »

Recevez gratuitement les dernières nouvelles d'Haïti et d'ailleurs directement sur votre téléphone en téléchargeant l'App de Loop News :