Mercredi 15 Août, 2018

Haiti: J. Moise parle du salaire minimum, des syndicats réagissent

Photo : Ouvriers Protestataires - crédit Photo : radiotélé Ole Haiti

Photo : Ouvriers Protestataires - crédit Photo : radiotélé Ole Haiti

Le président Jovenel Moise est revenu sur le dossier du salaire minimum en disant espérer une entente entre les patrons et les syndicats, qui débouchera sur « un salaire minimum soutenable et socialement acceptable » pour les ouvriers. Les déclarations du chef de l’Etat n’ont pas laissé indifférents les syndicats du secteur textile qui ont réagi et espère voir la matérialisation de ce souhait du chef de l’Etat.

La position de Jovenel Moïse est tardive mais bienvenue pour une première catégorie, tandis que pour une autre les déclarations du chef de l’Exécutif ne sont autres qu’une histoire à faire dormir debout. Cette déclaration quoique en faveur des syndicalistes laissent indifférents certains d’entre eux.

Les réactions sont partagées sur les déclarations du chef de l’Etat réclamant un salaire minimum susceptible d’améliorer les conditions de vie des ouvriers. La Centrale nationale des ouvriers Haïtiens estiment que les propos de Jovenel Moise sont  à faire dormir debout. Le coordonnateur du central national des ouvriers, Dominique Saint-Eloi, dit accorder très peu d’importance à cet engagement du chef de l’Etat car, selon lui, ce discours avait été déjà entendu l’année dernière.

Le coordonnateur rappelle que le Président avait promis une tête-à-tête avec le secteur syndical et le patronat l’année dernière afin de trouver une issue favorable et que ce dernier n’avait fait que sortir un arrêté défavorable aux plus pauvres dont les syndicats ont pris connaissance grâce aux médias.

Par ailleurs le son de cloche est diffèrent, pour la plateforme des ouvriers des usines textile. Pour Télémaque Pierre, quoique tardive, la déclaration du président de la République est bienvenue. Toutefois, ces deux groupes de syndicats ont un dénominateur commun: ils continuent de réclamer 25 gourdes par heure de travail et mille gourdes comme salaire minimum.

Dominique Saint-Eloi, du Central national des ouvriers haïtiens,  presse l’Etat haïtien de publier l’arrêté fixant le salaire minimum à mille gourdes. Il menace de reprendre les mobilisations en cas d’insatisfaction.

Quoiqu’il reconnaisse la bonne foi du président Jovenel Moise pour trouver un vrai dialogue et un pacte national, il se dit pessimiste quant à la réalisation d’un dialogue franc entre l’Etat, le syndicat et le patronat. Puisque, selon lui, si le Conseil Supérieur des Salaires (CSS) renferme toujours des représentants illégitimes du secteur syndical, l’issue d’un dialogue n’est pas évidente.

S’il est vrai que les déclarations de Jovenel Moise ont mis le dossier du salaire minimum sous les projecteurs, le secteur syndical dit attendre des actions concrètes du Conseil Supérieur des Salaires dans la publication de son cinquième rapport qui aurait du être publié depuis le 1er aout dernier. 

Related Article