Mardi 24 Avril, 2018

Saika Céus, étoile montante de la littérature haïtienne

Saika Céus, étoile montante de la littérature haïtienne

Saika Céus, étoile montante de la littérature haïtienne

En remportant le Prix Deschamps 2017 contre 52 concurrents pour son roman TIFI, rédigé en créole, Saika Céus fait son entrée dans le monde des jeunes écrivains haïtiens. Ce roman qui fascine parle d'une fille qui ne connait pas son nom. Il traite aussi de la situation des enfants placés en servitude et de toutes les conséquences qui peuvent en découler;  comme le déni de sa propre identité. TIFI ce n'est pas un prénom mais celui généralement que l'on colle à celles qui sont placées chez les « madanm », chez ces maîtres d'un nouveau genre.

La lauréate a dédié le prix à sa mère, Carline Adam, et à sa grand-mère, récemment décédée.

Le somptueux décor de la salle Bellevue de l’Hôtel El Rancho à Pétion-Ville a vu défiler d’illustres personnalités pour la remise du prix  Deschamps à Saika Céus. Ont été remarqués des représentants du Corps diplomatique, l'ancien Ministre de l'Education Nationale, Nesmy Manigat, Mme Marie Laurence J. Lassègue, l'ancien Secrétaire d'Etat à la Communication, Hérold Israel, Mèt Fèy Vèt et l'éminent écrivain Michel Sukar. La Première Dame de la République, Martine Moise, l'invitée d'honneur, a pris la parole pour saluer cette victoire : « Aux âmes bien nées, a-t-elle repris en termes élogieux, la valeur n’attend point le nombre des années. »

Saika Ceus manie le créole aussi bien que le français.  Aussi, cette élégante jeune femme qui manifeste un amour sans bornes pour le créole, qu’elle considère comme partie intégrante de notre identité a tenu à remercier le jury en ces termes : « Je félicite ce grand jury qui a rappelé que la langue est un véhicule du savoir-dire et non du savoir en soi. Par ailleurs, elle a remercié ceux qui dans le temps ont eu le courage de créer ou d'animer en créole à l’époque où le parler créole était synonyme d’ignorance. »  Toutefois, la gagnante nous encourage à nous ouvrir à d’autres langues mais en insistant sur le fait que nous ne devrions pas minimiser la nôtre. » 

Saika Ceus, jeune femme de vingt-sept ans a su toucher l’assistance par son vibrant discours et a confessé avoir regardé le numéro de téléphone qui l’a appelé jusqu’au jour de la publication du prix dans les colonnes du Nouvelliste, histoire de s'assurer qu'elle a vraiment reçu l'appel de madame Trouillot. Une confession émouvante qui a fait courir des sourires sur les lèvres de son public.  

Originaire de Coridon, dans l’Artibonite, Saika Ceus, un verbe à découvrir sous peu à la parution du livre prévu pour ce mois de décembre. 

HI/LN