Vendredi 18 Octobre, 2019

Rwanda: non-lieu dans l'enquête sur l'attentat déclencheur du génocide de 1994

Des proches du président rwandais Paul Kagame (photo) étaient visés par des plaintes pour leur implication dans l'attentat qui a déclenché le génocide de 1994. © ANDREW GOMBERT / POOL / AFP

Des proches du président rwandais Paul Kagame (photo) étaient visés par des plaintes pour leur implication dans l'attentat qui a déclenché le génocide de 1994. © ANDREW GOMBERT / POOL / AFP

Pas de procès, faute de "charges suffisantes": des juges d'instruction français ont rendu une ordonnance de non-lieu dans l'enquête sur l'attentat contre le président rwandais Juvénal Habyarimana, épisode déclencheur du génocide de 1994.

Dans cette ordonnance rendue le 21 décembre, les magistrats expliquent prendre cette décision "en l'absence de charges suffisantes", a précisé la source judiciaire.

"Il faut interpréter cette décision des juges français comme une forme de résignation face à un contexte politique contre lequel le ministère public n'a pas su lutter. Les autorités rwandaises n'ont jamais cherché à apporter leur concours à la manifestation de la vérité", a réagi auprès de l'AFP Me Philippe Meilhac, avocat de la veuve de l'ex-président, Agathe Habyarimana.

Depuis plus de 20 ans, ce dossier empoisonne les relations entre Paris et Kigali, sur fond de débat sur les responsabilités françaises à l'époque du génocide.

La recherche des auteurs de cette attaque a été au cœur de la quête judiciaire française, particulièrement complexe.

- Série d'obstacles -

La thèse du juge Bruguière avait été fragilisée en 2012 par un rapport d'experts en balistique, qui s'étaient rendus sur place avec les juges ayant repris le dossier, Marc Trévidic et Nathalie Poux. Leurs conclusions désignaient le camp de Kanombe, alors aux mains de la garde présidentielle d'Habyarimana, comme zone de tir probable.

Les juges ont ainsi tenté en vain d'entendre un dissident rwandais, Faustin Kayumba Nyamwasa, réfugié en Afrique du Sud et visé lui-même par un mandat d'arrêt. Ancien membre du premier cercle du clan Kagame, il appuyait les accusations contre ses anciens compagnons du FPR.

Au printemps, les parties civiles avaient produit un rapport secret de 2003 du Tribunal pénal international pour le Rwanda qui attribuait la responsabilité de l'attaque au clan Kagame, mais le juge Jean-Marc Herbaut, estimant que cette piste avait été suffisamment documentée, avait refusé de relancer l'enquête.

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