Vendredi 18 Octobre, 2019

Petrocaribe: Rudy Hériveaux prend la défense de Jovenel Moïse

Le directeur général du ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST), Rudy Hériveaux

Le directeur général du ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST), Rudy Hériveaux

Le directeur général du ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST), Rudy Hériveaux, désapprouve le rapport complémentaire de la CSC/CA sur les fonds Petrocaribe.  Sur les ondes de radio Caraïbes, ce lundi 3 juin, le fervent défenseur du PHTK a laissé entendre que les juges de la Cour ne visent qu’à salir la réputation du président Jovenel Moise qui selon lui, "est un citoyen respectable et respecté’’.

Après la publication de la deuxième partie du rapport Petrocaribe contenant 612 pages, le directeur du ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST) est monté au créneau et s’en est pris aux juges de la cour des comptes qui, dans le document, accusent le président de la République Jovenel Moïse d'être au coeur "d'un stratagème de détournement de fonds".

Pour le docteur Hériveaux, les juges de la CSC/CA agissent sous ordres des politiciens qui tentent de détruire à tout prix le président de la République, Jovenel Moise. « C’est un rapport écrit à l’ordre du mensonge et de la diffamation », a-t-il dit lors de son intervention. "Démoniaque, diabolique, truffé de mensonges, mal fagoté et mal fabriqué, très maladroit et grotesque", des termes utilisés par l'ex-ministre de la communication sous Martelly par décrire le document.

Hériveaux, pris à coup de balai la semaine dernière par les employés du MAST, dit détenir toute la vérité sur l’analyse faite par la Cour dans le dossier d’Agritrans et BETEX. Il souligne, en passant, que ces compagnies, présentées par la CSC/CA comme ayant le même personnel et le même NIF, ont des numéros d’immatriculation différents et que « c’est l’État haïtien qui doit de l’argent à Agritrans » puisque, toujours d’après lui, 80 % des travaux de réhabilitation du tronçon de la route de Borgne – Petit Boug de Borgne ont été réalisés.

Dans le dernier rapport de la Cour des comptes, le président haïtien Jovenel Moïse est accusé d'être au coeur d'un « stratagème de détournement de fonds » par la Cour supérieure des comptes qui a rendu vendredi un rapport de plus de 600 pages sur la mauvaise gestion de l'aide reçue du Venezuela.

Les juges ont découvert qu'en 2014 pour le même chantier de réhabilitation de route, l'État a signé deux contrats avec deux entreprises aux noms distincts, Agritrans et Betexs, mais qui partagent notamment le même matricule fiscal et le même personnel technique.  

« Les deux entreprises ont réalisé distinctement les mêmes ouvrages aux mêmes dates » révèle le rapport de la Cour qui conclut qu'il s'agit « ni plus ni moins qu'un stratagème de détournement de fonds ».  

Avant son arrivée au pouvoir en 2017, Jovenel Moïse était à la tête de l'entreprise Agritrans, laquelle a reçu plus de 33 millions de gourdes (plus de 7 millions de dollars américains, au taux de l'époque) pour ce projet routier alors que son activité consistait à de la production bananière.  

« L'état de ce tronçon de route suscite des questionnements et démontre qu'il y a un décalage énorme entre les sommes dépensées et la réalité des travaux qui auraient été effectuées » relate le rapport des juges après leur visite de terrain.  

Pour ce chantier, l'entreprise de l'actuel président avait par ailleurs reçu une avance de fonds près de deux mois avant la signature du contrat, ce qui fait aujourd'hui dire aux magistrats « qu'il y a eu collusion, favoritisme et détournements de fonds ».  

Un autre chantier de réhabilitation routière a été attribué à Agritans en 2015 malgré l'avis défavorable de la Cour des comptes qui avait notamment relevé à l'époque une violation des lois de passation de marché public.  

Entre 2008 et 2018, Haïti a bénéficié du programme Petrocaribe, mis en place à l'initiative de l'ancien président vénézuélien Hugo Chavez, qui a permis à plusieurs pays d'Amérique latine et des Caraïbes d'acquérir des produits pétroliers à un prix avantageux.

Toujours perçu comme source de gaspillage et de corruption, ce fonds a déjà donné lieu, en 2016 et 2017, à deux enquêtes sénatoriales. Depuis l'été 2018, le mouvement citoyen « Petrocaribe Challenge » a multiplié les manifestations à travers le pays, poussant la Cour supérieure des comptes à lancer son audit.

La rédaction avec AFP

Recevez gratuitement les dernières nouvelles d'Haïti et d'ailleurs directement sur votre téléphone en téléchargeant l'App de Loop News :