Samedi 23 Juin, 2018

Suppression des visas H-2A et H-2B, l’ambassade américaine clarifie

Robert F. Hannan, chef de mission adjoint par intérim de l’ambassade des États-Unis en Haïti. Photo: LoopHaiti/Estaïlove ST-VAL

Robert F. Hannan, chef de mission adjoint par intérim de l’ambassade des États-Unis en Haïti. Photo: LoopHaiti/Estaïlove ST-VAL

« Avec chaque immigrant qui vient aux Etats-Unis, notre caractère est renouvelé », a déclaré le chef de mission adjoint par intérim des États-Unis en Haïti, Robert F. Hannan. « Il y a beaucoup de soutien dans le congrès pour l’immigration parce que nous sommes un pays d’immigrant », poursuit-il.

Deux phrases de M. Hannan ce jeudi 18 janvier, dans le cadre d’une interview exclusive accordée à LoopHaiti moins de vingt-quatre heures après l’annonce officielle de révocation des visas aux « travailleurs invités » à travers le programme fédéral H-2A et H-2B.

Mercredi soir, décision inattendue : Haïti figure sur la liste des pays exclus du programme. « C'est un changement administratif. Le département décide à quel pays attribuer ce droit », renseigne M. Hannan. Ensuite, les « visas H-2A et H-2B n’étaient jamais populaires en Haïti, nous recevons les applications que pour une cinquantaine de personnes chaque année ». « Haïti a perdu ses droits parce qu’il n’y a pas trop de demande aux Etats-Unis pour Haïti », ajoute-t-il.

Lancée sous Obama après l’hécatombe en 2010, l’initiative n’a jamais attiré grand nombre d’Haïtiens. « Le visa H-2A ou H-2B est un visa de travail pour un saisonnier agricole ou dans d’autres industries. Pour y avoir accès, c’est un employeur aux Etats-Unis qui doit soumettre une pétition au travailleur à l’étranger », apprenons-nous.

Voici l’une des raisons pour laquelle moins de deux cents visas ont été octroyés depuis qu’Haïti s’est inscrit en 2010 sur la liste des pays éligibles à les recevoir au même titre que les 80 autres issus de l’Amérique latine, de l’Amérique centrale, etc.  

 

Le point d’ogre, « il n’y a jamais eu de grandes demandes aux Etats-Unis pour ces types de visa » parce que les « employeurs demandent chaque année les mêmes travailleurs ». « La plupart des travailleurs viennent du Mexique, de la Jamaïque, et d’autres pays où il y des liens historiques », émet le chef de mission adjoint par intérim. Avant d’ajouter que la question de langue ferme aussi les barrières à Haïti.

Si on s’appuie sur les faits avancés par Robert Hannan, la majeure partie des ressortissants haïtiens bénéficiaires de ce statut excède la « durés des 90 jours » et ne retourne pas au pays. Malheureusement, se désole-t-il. Par conséquent, « avant d’octroyer le visa, le consul doit être convaincu que l’immigrant a vraiment l’intention de revenir en Haïti ».

 

Hannan précise que « 96 à 97% des demandeurs [en Haïti] cherchent un visa touristique », à côté de ceux qui postulent pour des visa d'étudiants, diplomates, travailleurs, journalistes... Aussi, l’ultime « but de chaque ambassade c’est de faciliter les voyages légitimes vers les Etats-Unis », rajoute-t-il.  

À la question du rapport entre cette mesure de « bannissement » et la question du TPS qui exclura environ 60.000 haïtiens en juillet 2019, sans ambages, M. Hannan a répondu : « aucun rapport ! » « Chaque mesure est unique en son genre », conclut-il.