Mercredi 21 Février, 2018

«Rendez-vous» au Musée du Point de Vue du peintre Jean Daniel Berclaz

La pimpante galerie d’art Axel Liautaud accueille, jusqu’au 24 décembre, l’exposition de photographie baptisée « Les rendez-vous», présentée par Jean Daniel Berclaz dans le cadre de l’installation de son Musée du Point de Vue.

Détour vers la rue Grégoire, à Pétion-Ville. Il est né en 1955 à Neuchâtel et vit à Versailles. Jean Daniel Berclaz est un graveur suisse, mais surtout passé pour un drôle de monsieur qui promène sa lihouette dans les rues port-au-princiennes et son regard sur la ville.  Un drôle de monsieur qui cause de petites endorses aux conventions ? Peintre au pinceau trempé dans l’encre de l’exotisme ou qui s’amuse avec notre précarité ? Là encore, ce pourrait être une question de point de vue, c’est-à-dire d’opinions pas tout à fait tranchées.

Mais il nous semble que c’est tout plutôt un créateur bizarre et de souffle, un peintre qui traine derrière lui un musée sans mur en dur. Et il martèle, le palais mouillé de vin rouge, que sa camera est plus photographe  que lui. Musée du Point de Vue ? Paradoxale ? La notion de point de vue implique la prise (ou angle) de vue, la position choisie par tout photographe à chaque prise de vue. Jean Daniel Berclaz nous baigne dans la controverse, nous éprouve au risque de l’interprétation. «L’idée était de jouer sur la multiplicité de different portraits qu’on voit dans la ville et de tous ces gens qui espèrent quelque chose. Il m’a semblé opportun de me mettre avec eux, car nous aussi artistes, on en finit jamais d’espérer», a lâché Jean Daniel Berclaz qui invite les visiteurs à voyager dans son travail.  «J’essaie toujours d’insérer mon travail ou ma pratique artistique, non pas sur des objets mais dans une demarche participative. Dans mon rapport au situanisme, le clou de ma perspective a été de mettre quelque chose en situation dans mes clichés où l’on voit, par exemple, des artistes étaler leur culture, leur race sur les murs», a-t-il soutenu.  

«Cette exposition a le mérite de bousculer nos certitudes, de nous faire regarder notre ville et notre environnement autrement, de façon totalement décalée et différente », soutient Axel Liautaud, figure de proue de l’art contemporain haïtien et présidente du Centre d’art. Silvana Moï Virchaux est à l’origine de l’arrivée du peintre Berclaz sans idée préconçue, sans connaissance réelle de nos paysages.  Elle est presidente de Laboratorio Arts Contemporains, organisme engagé, galerie impliquée dans la poursuite du dialogue et de la cooperation culturelle. Laboratorio Arts Contemporains a organisé, dimanche 27 novembre au carré Zemès (Thomassin 25) de Frantz Hypolyte, le vernissage du Point de Vue.

Dans ses clichés, zeste d’humour et pincée d’ironie mélanges, on voit Jean Daniel Berclaz debout devant sa petite table et vêtu de blanc, attendant un président. Le president d’une association.  D’une ligue de jeunesse ou d’un quartier.  « L’artiste invite, met en perspective le besoin d’une rencontre entre le pouvoir et ceux qui donnent ce pouvoir», a indiqué Mme Virchaux, éberlué par la rapidité du travail du peintre.  «Jean Daniel Berclaz a été très rapide et pertinent dans la façon d’identifier les lieux de cette ville, comme vous voyez, plurielle et complexe. Le peintre déclasse nos certitudes esthétiques et fait bouillir nos intériorités».

L’exposition «Rendez-vous» du peintre Jean Daniel Berclaz se poursuit jusqu’au 24 décembre à la galerie Axel Liautaud (rue Grégoire, Pétiin-Ville) et au carré Zemès de Frantz Hypolyte, à Thomassin 25.