Dimanche 21 Octobre, 2018

Refus visa : un jeune haïtien en guerre contre le consulat de France

Réginal Théodore BIEN-AIMÉ / Photo contribuée

Réginal Théodore BIEN-AIMÉ / Photo contribuée

Réginal Théodore Bien-Aimé, jeune haïtien de 24 ans, veut devenir chercheur-développeur en génie alimentaire. Accepté à une Université de la Guadeloupe et ayant la garantie du support financier de Thierry Larrous, un mécène guadeloupéen que lui avait proposé l'épiscopat de Guadeloupe, il se lance actuellement dans un combat musclé contre le consulat de France en Haïti qui, selon lui, veut se mettre au travers de son rêve en lui refusant le visa étudiant.

Après son refus, l'Université lui avait délivré une attestation pour une entrée décalée en janvier 2018. L'institution universitaire lui a transmis plusieurs autres documents dans le cadre de ses actions devant notamment le tribunal administratif de Nantes.

 

Malgré ses démarches auprès de la commission des recours et du Tribunal de Nantes sur son refus, la décision du consulat reste inchangée. Ce refus est le fruit, dit Bien-Aimé, d’une « interprétation erronée de mes intentions ». Il raconte son histoire à travers une lettre et une vidéo que nous partageons ci-dessous, ainsi que d'autres documents justificatifs.

"Je ne demande qu'à étudier »

L'année 2017 est heureusement loin derrière moi. Cependant elle a marqué ma vie entière de péripéties que je ne suis pas près d'oublier. En tout cas, pas avant d'en venir à bout.

Mon rêve le plus cher est de devenir chercheur- développeur en génie alimentaire. Il ne s'agit pas d'une simple ambition personnelle. Je chéris ce rêve également dans l'espoir d'améliorer la condition alarmante de plus de 5 millions d'habitants face à l'insécurité alimentaire.

Dès l'obtention de mon diplôme de fin d'études secondaires, je me suis inscrit à une école supérieure de chimie en Haïti pour parvenir à mes fins.

Faute de moyens cette école n'est même pas en mesure de me faire boucler un programme de licence. En outre, la spécialisation en science des aliments ne fait pas partie de leurs programmes.

Je me suis donc tourné avec plein d'espoir et d'enthousiasme vers la France. Ce pays qualifié de champion du respect des droits de l'homme. Mais surtout ce pays qui offre des opportunités d'étude scientifique dans les conditions bien meilleures que celles de la plupart des pays comme les USA et le Canada en tenant compte des coûts de l'inscription aux universités de ces pays. Et c'est là que ma lutte pour accomplir mon rêve est devenue un cauchemar interminable.

En effet, avec l'appui d'un garant financier en Guadeloupe et après avoir obtenu l'acceptation de l'Université des Antilles, j'ai procédé à ma demande de visa étudiant au consulat de France en Haïti, lequel a pris 84 jours pour me signifier un refus. Mon recours auprès de la commission des recours s'est vu réserver le même sort pour des motifs contraires au CESEDA. Et finalement le tribunal des référés de Nantes n'a pas fait droit à mon recours juridictionnel. 

Que demandai-je aux autorités françaises ?

Uniquement la possibilité de bénéficier sur leur sol des instructions de haut niveau pour atteindre mes objectifs personnels et aider mes prochains en Haïti.

À ceux qui liront ce message, je demande un élan de solidarité afin que ma requête parvienne une fois de plus aux autorités françaises et que ces dernières puissent procéder à un réexamen objectif de ma demande de visa au consulat de France en Haïti, permettez-moi seulement de passer mes années d'études sur le sol français pour ensuite retourner dans mon pays et y apporter ma contribution citoyenne.

« Je ne demande qu'à étudier »

Réginal Théodore BIEN-AIMÉ

Refus de la demande de visa étudiant par le consulat de la France en Haïti:

Acceptation de demande d'admission: