Dimanche 18 Novembre, 2018

Réactions autour des invitations de grands commis de l’Etat au parquet

Le commissaire du gouvernement près le tribunal civil de Port-au-Prince, Me Ocnam Clamé Daméus / Photo: AlterPresse

Le commissaire du gouvernement près le tribunal civil de Port-au-Prince, Me Ocnam Clamé Daméus / Photo: AlterPresse

Les  lettres d’invitation du commissaire du gouvernement près le tribunal civil de Port-au-Prince, Me Ocnam Clamé Daméus, adressées à deux anciens premiers ministres et un propriétaire de firme de construction a suscité des réactions tant du coté des acteurs politiques que des hommes de lois.

Alors que le sénateur du Sud-est, Dieupie Chérubin, se félicite de la décision du chef du parquet de la capitale d’inviter au parquet d’anciens grands commis de l’État et des responsables de compagnies privées dans le cadre du dossier Petrocaribe, l’un des avocats des plaignants, Me Marc Antoine Maisonneuve assimile à une « aberration» la démarche du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince qualifiée également d’absurde.

Selon le représentant des parties civiles dans l’affaire, le chef du parquet de la capitale peut seulement envoyer si nécessaire un réquisitoire supplétif au cabinet d’instruction. 

Par ailleurs, Me Marc Antoine Maisonneuve minimise les derniers tweets du président Jovenel Moise.

 

Même son de cloche du coté de l’ancien directeur général de l’unité centrale de renseignements financiers (UCREF). Me Sonel Jean-François qualifie d’illégale la décision du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince d’inviter Laurent Lamothe et Patrice Milford au parquet dans le cadre d’une enquête ouverte sur le scandale Petrocaribe.

Selon lui, Me Clamé Ocnam Daméus ne peut pas agir, pour le moment, dans ce dossier qui se trouve actuellement au cabinet d’instruction. Il rappelle que le commissaire du gouvernement est le chef de la poursuite mais ne peut poser aucun acte d’instruction.

S’agissant de l’arrestation des personnalités épinglées réclamée par la population, Me Jean François fait remarquer que, dans l’état actuel des choses, le juge d’instruction, Ramoncite Accimé, ne peut pas prendre des mesures coercitives contre les intéressés soulignant qu’il doit attendre, avant tout, le rapport d’audit de la cour supérieure des comptes.

L’ex-patron de l’UCREF souligne également que l’ULCC ne peut rien faire, non plus dans ce dossier. Toutefois, il indique que le magistrat instructeur peut solliciter de l’Unité Centrale de Renseignement Financier une enquête permettant de retracer certains fonds.

Rappelons que le 17 octobre 2018, une large manifestation a été organisée à travers le pays. De nombreux manifestants exigeaient que lumière soit faite sur le dossier Petrocaribe.