Mercredi 13 Décembre, 2017

Réaction poignante d'un médecin au Chili à la mort de Joane Florvil

Joane Florvil a été arrêtée après avoir été accusée de quitter sa fille de deux mois. Crédit photo: Larazacomica.cl

Joane Florvil a été arrêtée après avoir été accusée de quitter sa fille de deux mois. Crédit photo: Larazacomica.cl

La ressortissante haïtienne, Joane Florvil est déclarée morte samedi matin au Chili.

Selon des rapports, la jeune femme de 28 ans a été arrêtée le 30 août dans un incident où elle fut accusée, à tort selon des membres de la communauté haïtienne, d’avoir abandonnée son enfant de trois mois. Lors de son arrestation, Joane Florvil a reçu des coups violents sur la tête. La police a ensuite placé un casque des forces spéciales sur sa tête, ce qui a aggravé ses blessures.

L’affaire fait la une des médias chiliens. « Nous devons avoir une forme d’explication, parce que cette citoyenne a été arrêté », a expliqué le Ramón Farías de la commission chargée de l’enquête à la Chambre des Députés. « On doit aussi savoir ce qui est arrivé à l’enfant. (…) Il y a une nébuleuse autour de cette affaire qui n’est pas claire. »

Entre temps, un poème écrit par le médecin haïtien Jean Jacques Pierre fait la une sur les réseaux sociaux. Le chirurgien, poète, peintre-illustrateur et traducteur, qui vit au Chili depuis 8 ans est né à Jacmel. Une version traduite ci-dessous :

Parce que personne n’est Joane Florvil ?

Personne ne veut être la cible de sa destinée,

Personne n’aimerait se lever chaque jour,

Avec les cicatrices du monde sur le front

Ils vous ont tué Joane Florvil,

Tous les jours

Partout

Quand ils t'ont tué en Afrique

Ils ont dit que c'était par habitude

Quand ils vous ont tué aux États-Unis

Ils ont dit que c'était pour l'autodéfense

Quand ils vous ont tués au Chili

Ils ont dit que c'est parce que tu es une mauvaise mère.

 

La vérité est que tout le monde gagne avec ta mort

Ils paient certains pour t'accuser

Ils paient d'autres personnes pour t’arrêter

Ils paient les autres pour donner la nouvelle des nouvelles formes de domination

Un groupe d’indignés tente de te faire entrer dans la mémoire collective

Mais pleurer en psalmodiant ton nom est inutile

Implorer ton pardon non plus

Comment peut-on vivre au milieu de tant d'obscurité?

Comment vivre dans une ville sans poésie?

Pas de miroirs, pas de câlins, pas de Joane Florvil?

Je suis un des lâches

Qu'ils ne voulaient pas te comprendre, te défendre

La seule chose que je peux penser maintenant est de pleurer

Et j’écris ce poème pour te dire

Je ressens beaucoup de honte

Pour faire partie de l'humanité qui t'a tué

Dans une ville pleine de lâches prétentieux

Nous avons eu l'opportunité de t’aimer

Nous avons eu l'opportunité de faire

Avec tes yeux, un joli nid d'oiseau

(Vivre est la beauté d'être)

(…)