Dimanche 22 Juillet, 2018

Qui était « Ti Blanc », cet ancien chef de l’armée d’Haïti ?

L'ex-général de l'armée d'Haiti, Henry Namphy./Photo: Haitianphotos.com

L'ex-général de l'armée d'Haiti, Henry Namphy./Photo: Haitianphotos.com

Pour la mémoire et pour l’histoire, cet ancien général considéré comme homme fort de la République était commandant en chef des Forces armées d’Haïti de 1987 à 1988. 6 novembre 1987, il s’est autoproclamé commandant en pleine période électorale alors qu’il devrait quitter le pouvoir à l’avènement du nouveau président (prévu pour 7 février 1988).

Henri Namphy, né le  à Port-au-Prince, est un général de l'armée haïtienne et un ancien chef d'État d'Haïti. Surnommé « Ti-blan » ou le « chouchou du peuple », il a été président d'Haïti du 7 au  sous deux régimes différents que l'on a appelé « le duvaliérisme sans Duvalier ».

Le régime républicain que dirige Namphy a vu le jour avec la chute de la dictature des Duvalier en 1986. La nouvelle république mise en place est alors dirigé par des militaires dont Namphy. Durant sa présidence, Namphy instaure le conseil national de gouvernement qu'il préside avec d'autres militaires républicains. Il fut également le commandant en chef des armées haïtiennes de 1987 à 1988. Actuellement, il profite de sa retraite de général. Après son passage à l'Académie militaire, Henri Namphy gravit rapidement les échelons. Il occupa entre autres, les postes de vice-commandant de la garde du Palais-National et commandant dans deux départements. En 1981, il devient général de brigade.

À ce titre, il est écouté de tous. Il ne cache pas son inimitié avec le président à vie d'Haïti Jean-Claude Duvalier (au pouvoir depuis la mort de son père en 1971). En 1983, son influence sur l'armée haïtienne fait part aux généraux partisans du régime duvaliérisme. La fin de la dictature est proche. En 1986, un fort mouvement de protestation renverse Jean-Claude Duvalier qui quitte le pays. Après le départ de celui-ci, fut institué un Conseil national de gouvernement qui dura du 7 au .

Durant sa première présidence, Namphy rétablit quelques libertés et modernise l'armée. Homme écouté et populaire, il met fin à toutes les réformes établit sous les Duvalier. Le 21 mars 1986 fut installé un nouveau conseil national de gouvernement qui dura jusqu'au 7 février 1988, il est toujours présidé du général Namphy et composé d'autres militaires  dont Williams Régala et Jacques A. François.

Lorsque le président Manigat le mit aux arrêts pour insubordination quelques mois après son accession au pouvoir, le général Namphy se servit de son influence et de sa popularité pour reprendre le pouvoir le 20 juin 1988. Il resta au pouvoir du 20 juin au 17 septembre 1988, lorsqu'il fut à son tour victime d'un coup d'État organisé par le général Prosper Avril.