Dimanche 29 Novembre, 2020

Voici ce qu'est un « Wangatè » dans le vaudou haïtien

Photo profil du compte facebook du grand serviteur du KNVA, Euvonie Georges Auguste

Photo profil du compte facebook du grand serviteur du KNVA, Euvonie Georges Auguste

En Haiti, à côté des sujets liés à la politique, les débats sur la religion est l’un des exercices dont on vous suggérera parfois de vous abstenir afin d’éviter les malentendus et les accrocs pouvant en résulter.

Pourtant, la question de la religion est l’un des sujets qui reviennent toujours sur la table et dont nombre de friands de débats contradictoires ne peuvent s’en passer. Et en fait, quel que soit la doctrine en jeu, pour ceux qui le savent, il y a tellement de paramètres à considérer que la plupart du temps les débatteurs préfèrent soit changer de sujet soit clore le débat en laissant chacun sur sa soif, avec sa position, ses arguments.

C’est le cas par exemple quand il faut débattre à partir de la question suivante : « Qui est vaudouisant en Haiti, qui ne l’est pas ? » La réponse à cette interrogation fera surement l’objet d’un autre article.

Mais en attendant, il y a au moins une question à laquelle nous pouvons dire pouvoir répondre, ne serait-ce que partiellement. Qui sont  les « Wangatè » dans le vaudou haitien ?

Les « Wangatè » sont des vaudouisants non pratiquants, c’est-à-dire, ils connaissent l'existence du vaudou et ses pouvoirs, mais ils ne font pas partie d’une structure permanente de la religion. Par contre, même s’ils se disent ou agissent publiquement en tant que protestants, adventistes, catholiques ou autres, en Haiti ou à l'étranger, en cachette, ils ont recours aux services d’un « houngan » quand ils sont dans le besoin.

C’est, en tout cas, ce qu’a révélé à la rédaction de LoopHaiti, Euvonie Georges Auguste, grand serviteur au sein de la Confédération nationale des vodouisants d’Haïti (Knva).

« Les Wangatè achètent les services du vaudou entre les mains d’un houngan, chef spirituel de la religion, intermédiaire entre les vivants et les esprits (lwa) », fait remarquer l'ancien Ati national.

Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles quelqu’un peut faire appel à un chef spirituel du vaudou, dit Auguste. « Ce sera peut-être pour faire monter ou protéger une entreprise, ou pour résoudre certains problèmes dans un couple ou encore pour guérir un enfant ou un parent malade », énumère-t-elle à titre d'exemples.

Mais une chose est sure, dans une discussion publique, ces gens ne se présenteront jamais comme vaudouisants, rajoute la Mambo qui se bat pour l’organisation et l’institutionnalisation du secteur vaudou en Haiti. « Ils n’affirmeront pas leurs pratiques ouvertement car ne voudront pas que les gens sachent ce qu’ils font… mais discrètement ils continueront leurs affaires.

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