Mercredi 21 Février, 2018

Quels sont les besoins de l’industrie musicale haïtienne ?

Les membres de l'Association Haitienne des professionnels de la musique, équipe pilote du projet Cartographie de l'industrie musicale haitienne.

Les membres de l'Association Haitienne des professionnels de la musique, équipe pilote du projet Cartographie de l'industrie musicale haitienne.

Ayiti Mizik a mis fin à son projet « Cartographie de l’industrie musicale haïtienne », par une table ronde qui a rassemblé au restaurant Le Villate plusieurs personnalités du secteur et des parlementaires de la commission culture du sénat dont Caleb Desrameaux.

L’association haïtienne des professionnels de la musique qui a gagné en 2015 l’appel à proposition du fonds international pour la diversité culturelle de l’UNESCO grâce auquel elle a pu, avec le soutien d’autres partenaires financiers et opérationnels, mener à bien une cartographie de l’industrie haïtienne de la musique pendant plus d’un an, a clôturé le projet par une table ronde qui a accueilli une cinquantaine de professionnels de la musique et plusieurs parlementaires de la commission culture.

Afin de recueillir des données quantitatives, le projet comportait la mise en œuvre d’enquêtes de terrain menées dans 6 départements du pays (l’Artibonite, le Centre, le Nord, l’Ouest, le Sud et le Sud-Est, ainsi que la diaspora grâce à un questionnaire en ligne).

Au total, 1520 professionnels pratiquant 35 métiers différents ont été enquêtés. En complément, 7 focus groupes ont été réalisés en vue d’obtenir des données plus qualitatives sur le secteur. Parallèlement, une série d’entrevues avec une dizaine de personnes-ressources ont permis de réunir des informations spécifiques.

Aujourd’hui, le secteur possède donc une base de données chiffrées et des informations détaillées qui pourront servir de fondement pour un travail à long terme. A partir des résultats des enquêtes et des focus groupes, la table ronde du 25 mai visait à interroger plus précisément les professionnels du secteur (dont une vingtaine venaient de la province). Pour obtenir leurs recommandations sur différents points qui seront intégrées dans le rapport final qui permettra une meilleure connaissance de la chaîne de valeur de l’industrie musicale, une meilleure prise en compte de ses spécificités par l’Etat et une (re)valorisation du secteur dans son ensemble.

Les recommandations s’adressent aussi bien aux acteurs du secteur qu’à l’Etat, à court, moyen et long terme. Il peut s’agir par exemple de la création d’antennes d’Ayiti Mizik en province ou de l’instauration de bourses ou de prix de reconnaissance (Award) par les acteurs de l’industrie de la musique, mais aussi de la révision du décret-loi portant sur le droit d’auteur et le BHDA, de la construction de salles de spectacles adaptées ou encore du lobbying en faveur de l’éducation musicale et de la formation des jeunes professionnels.

Le rapport final en tant que tel, un document de 120 pages, sera imprimé et distribué d’ici la fin du mois de juin. Une version électronique sera également disponible et accessible sur le site de l’association www.ayitimizik.net.