Dimanche 23 Septembre, 2018

Que faisait François Duvalier pour renforcer son pouvoir personnel ?

De gauche à droite: Jean Claude Duvalier (Baby Doc) et son père Francois, lors de la passation du pouvoir./Photo: agoravox.fr

De gauche à droite: Jean Claude Duvalier (Baby Doc) et son père Francois, lors de la passation du pouvoir./Photo: agoravox.fr

Le dictateur, dès son arrivée au pouvoir, semait la terreur et la répression pour neutraliser et bâillonner la parole revendicative. Mais modifier les institutions, remanier les prescrits de la constitution dans le sens de ses intérêts politique pour consolider son pouvoir personnel était le point fort de « Papa Doc ».

Et pour preuve : 19 décembre 1957, il promulgue la constitution de 1957, calquée sur le modèle de 1946, mais qui se nourrit de celle de 1950 dont elle conserve les acquis, reproduit les dispositions libérales et les étend dans les clauses nouvelles pour créer de nouveaux droits qui caractérisent les grandes lignes constitutionnelles de son régime. Par exemple : il est investi président à vie le 22 octobre 1957 à la suite de l’élection présidentielle organisée le 22 septembre 1957. Son mandat devrait arriver à terme le 15 mai 1963, selon l’article 57 de la constitution de 1957.

Mais tenant compte du fait que cette loi mère a subi des modifications et de nouveaux prescrits, il alla rester au pouvoir jusqu’en 1964 où il fut proclamé président à vie. Par un référendum organisé le 31 janvier 1971 où il récoltera 2,4 millions de suffrages, son fils Jean-Claude (qui avait 18 ans d’âge à l’époque) devient son successeur. Encore une fois, il a dû modifier la constitution pour que son fils, qui n’avait pas l’âge de diriger, occupe la plus haute fonction publique.

Michel Soukar, historien, se souvient encore de cette phase de transition où le père succéda le pouvoir à son fils et décrit la situation sur Agoravox : « Pour éviter tout dérapage, les hommes du pouvoir, sous la supervision de l’ambassade américaine, organisent la transition. Le pays est quadrillé par l’armée et par la milice, les bateaux de guerre de la US Navy croisent au large des côtes haïtiennes ».