Mercredi 29 Janvier, 2020

Prix d’Histoire 2019 : le jury « ne retient pas grand-chose »

Photo illustration: "Avec Merisier Jeannis. Une tranche de vie Jacquemélienne et nationale", le livre d'Alain Turnier, parue en 1982

Photo illustration: "Avec Merisier Jeannis. Une tranche de vie Jacquemélienne et nationale", le livre d'Alain Turnier, parue en 1982

Le prestigieux Prix d’Histoire décerné par la Société Haïtienne d’Histoire, de Géographie et de Géologie (SHHGG), en partenariat avec la Fondation Roger Gaillard (FORG), est attribué à une œuvre posthume, cette année. Le comité n’avait reçu que seulement trois manuscrits.

La délibération est enfin connue. Le Prix d’Histoire s’en passe du présent, et se rattrape dans le passé historique de la nation haïtienne. « On ne questionne pas suffisamment le passé aujourd’hui, on est enlisé dans le présent », a déclaré, ce vendredi matin à la rédaction de Loop, l’historien Pierre Buteau qui fait office de Président de la Société Haïtienne d’Histoire, de Géographie et de Géologie (SHHGG).

Dans une note parue ce mardi 3 décembre, le comité de lecture a mentionné que seulement trois manuscrits y étaient soumis à la critique, cette année. « Mais aucun des trois n’a pas répondu aux critères de sélection indiqués par le règlement du concours », explique Monsieur Buteau, avant d’ajouter « qu’il n’y avait pas grand-chose cette année ».

Si vrai que Monsieur Buteau n’a pas élucidé les critères auxquels il fait référence, toutefois, ils ont été rendus publics dans l’appel à contributions en date du 19 juin dernier. « Le manuscrit doit respecter les normes de présentation des travaux publiés dans la Revue de la Société Haïtienne d’Histoire, de Géographie et de Géologie ; l’œuvre doit être inédite. Elle ne doit avoir bénéficié d’aucune publication préalable, imprimée ou en ligne ; si le manuscrit est un mémoire ou une thèse universitaire, l’appareil critique devra avoir été allégé et le texte retravaillé pour un format ouvrage ; si le manuscrit primé devait s’avérer, à l’issue de sa publication, receler des plagiats, l’auteur(e) sera seul(e) tenu(e) pour responsable avec les conséquences de droit », sont, entre autres, les conditions d’éligibilité. (Lisez les autres critères Ici)

N’étant pas assez convaincus que les manuscrits reçus respectent les critères préétablis, les jurés se sont entendus que le prix ne sera pas décerné à aucun des trois, de préférence à une œuvre posthume qui « a considérablement enrichi la connaissance historique d’Haïti », lit-on dans le communiqué.

« Voilà pourquoi le jury a décidé d’attribuer le Prix d’Histoire 2019, à titre posthume, à Alain Turnier pour son œuvre Avec Mérisier Jeanis. Une tranche de la vie jacmélienne et nationale, parue en 1982 », précise Monsieur Buteau. « C’est un livre épuisé, qui disparaît de de la circulation. On le doit sa restitution ».

« Cette étude est consacrée à une figure historique dont l’action, souvent souterraine, a fortement influencé l’évolution politique de la deuxième moitié du XIXe siècle, plus particulièrement la période s’étirant du gouvernement de Sylvain Salnave à celui de Nord Alexis […] », lit-on dans le communiqué.

Pour autant, il n’accule pas les chercheurs haïtiens, il préfère renvoyer la faute à la période de turbulence en cours, et qui, selon lui, aurait empêché aux intellectuels haïtiens de s’atteler à la production. « Je ne pense pas que c’est une baisse de régime dans la production de ce pays, c’est juste la situation actuelle qui a occasionné tout cela », précise ce dernier.

Parmi les trois ouvrages soumis à l’appréciation du jury, celui de Monsieur Olivier Théralus a été salué dans le communiqué. « Intitulé Les marchés [publics] de Saint-Domingue à l’occupation américaine, ce texte tente une approche historique d’un problème juridique, brûlant et toujours d’actualité, celui de la passation de marchés publics », peut-on lire.

Ancien Ministre de l'Education nationale et de la formation professionnelle (17 mars 2004 – 9 juin 2006), Pierre Buteau s’est montré confiant dans le processus de rattrapage de l’année scolaire par les apprenants haïtiens. « Les élèves auront le temps de se reprendre, les examens sont devenus plus rationnels avec l’implémentation du Programme des sciences sociales du nouveau secondaire », avance ce dernier qui a lui-même présidé la commission qui a élaboré ce programme.

Avant de s’en aller, il a salué les soumissionnaires, en espérant que l’année prochaine sera plus productive pour le pays. Parce que « c’est la première fois que la société est confrontée à une crise si complexe », dit-il.

Websder Corneille @webscorneille

Cet article a été mis à jour aujourd’hui à 10 : 57 a.m.

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