Mardi 29 Septembre, 2020

Presque centenaire, la Martha Graham Company n'a pas pris une ride

Les danseurs de la Martha Graham Company interprètent une scène de «Every Soul is a Circus», un ballet comique lors d'une répétition générale, le 13 mars 2012 au Joyce Theatre, à New-York.

Les danseurs de la Martha Graham Company interprètent une scène de «Every Soul is a Circus», un ballet comique lors d'une répétition générale, le 13 mars 2012 au Joyce Theatre, à New-York.

A 92 ans, la plus vieille compagnie de danse américaine devrait être un rien démodée. Mais la Martha Graham Company, ovationnée lundi à Paris, reste plus vivante que jamais avec des classiques intacts et une récente initiation à la technologie.

Après d'âpres querelles d'héritage, des dettes et des ouragans qui ont failli sonner le glas de la compagnie, celle-ci a survécu et ses ballets ont gardé toute leur fraîcheur.

"Les gens apprécient encore Picasso. Dit-on de Picasso que c'est démodé?", sourit Janet Eilber, directrice artistique de la compagnie, de retour à l'Opéra de Paris après environ trente ans d'absence.

- Mouvement fidèle à l'émotion -

Et "parce qu'elle a vécu si longtemps, nous avons appris d'elle comment transmettre l'esprit de ses danses", explique la directrice artistique de la troupe qui compte 15 danseurs permanents et est souvent en tournée.

"Martha voulait que l'émotion dicte au corps quoi faire. Elle était un génie car elle comprenait une personne juste en regardant le langage de son corps", selon Mme Eilber dont la compagnie est basée à New York.

Autre ballet présenté cette semaine à Garnier, sa version du "Sacre du printemps" a fait sensation, grâce à la danse très physique mais aussi très expressive de la troupe.

Le physique des danseurs a certes évolué --sauts plus haut, pirouettes plus rapides--, "mais Martha adorait cette évolution. Elle ne s'attendait pas à ce qu'on danse ses ballets comme en 1936".

"Elle ne pensait qu'à l'avenir et utilisait tout ce qui était nouveau", dit-elle. La chorégraphe a d'ailleurs proclamé "aucun artiste n'est en avance sur son époque. Il est son époque. Ce sont juste les autres qui sont en retard".

Pendant deux semaines, c'était une rencontre inédite entre une troupe de danse mythique et le géant d'internet.

Dans un autre exercice, une caméra, "Connect Cam", a "appris" les mouvements de "Lamentation" grâce à une mémoire ayant stocké d'anciennes images de ce ballet puis les a projetées sur une danseuse effectuant les mêmes pas.

"Nous expérimentons pour apporter une nouvelle manière de regarder ces ballets et attirer un nouveau public. Nous allons voir comme ça marchera dans un théâtre", explique Mme Eilber.

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