Mercredi 13 Décembre, 2017

Robin Diallo : la violence contre les femmes est « inacceptable »

L’ambassade des États-Unis en Haïti organisait, hier mardi 5 décembre à la résidence de l’Ambassadeur à Bourdon, une soirée de « storytelling » où quatre survivantes livraient leurs témoignages sur des actes d’agressions sexuelles qu’elles disent avoir subi. LoopHaïti assurait, en exclusivité, la couverture de cet évènement. On y a aussi animé un panel sur la problématique.

Plus qu’un brûlant sujet d’actualité, la violence basée sur le genre est un fléau mondial, un phénomène de société qui connait une ampleur galopante. Haïti, n'en est pas épargné.

Dans le cadre des 16 jours d'activisme contre les violences basées sur le genre, l’Ambassade américaine, sous l’égide de la Chargée d’Affaires Robin Diallo, a organisé, hier mardi 5 décembre en présence de plusieurs personnalités haïtiennes, une soirée de storytelling et de débat.

À la résidence verdoyante de l’ambassadrice, nichée au cœur de Bourdon et surplombant Port-au-Prince, Gaëlle Bien-Aimé, maître de cérémonie, n’a pas caché ses émotions. Sa présence en ces lieux n'est pas un hasard. Les créations de l’actrice, la guerre qu’elle déclare au machisme, ses spectacles trempés d’humour, abordent toutes ces thématiques épineuses, relatives aux violences genrées. Il y a aussi ces douloureux souvenirs d’agressions subies qui flottent dans sa mémoire : Gaëlle Bien-Aimé, violée et agressée deux fois, est aujourd’hui sortie de son mutisme pour raconter ses vécus dans une langue tonique, bouleversante.

L’auteure de la pièce « Talons aiguilles, talons d’Achille » introduit Robin Diallo qui prononce son allocution de circonstance. La diplomate rappelle que « la violence sur le genre est la forme la plus courante des violations des droits de l’homme et des femmes. Elle fragilise […] la dignité et la sécurité des populations les plus vulnérables, particulièrement les femmes et les enfants », a-t-elle dit.

Selon le MSPP, poursuit-elle, une femme haïtienne sur trois, âgée entre 15 et 49 ans, a été victime de violence physique et/ou sexuelle au moins une fois dans sa vie. « C’est inacceptable », déclare-t-elle. Tous doivent s’impliquer et s’engager.  « Il nous faut crier, nous révolter pour le changement »

« Criez ! Hurlez ! Dites non à la violence », lâche Robin Diallo, rassurant que le gouvernement américain travaille de manière assidue pour soutenir, par le biais de certains organismes internationaux, les administrations haïtiennes qui luttent contre la violence faite aux femmes.

L’Agence américaine pour le développement international a financé à hauteur de 3,9 millions de dollars le projet « Konbat vyolans » dans le but de réduire la violence basée sur le genre.  L’organisme a financé, affirme-t-elle, une coalition d’organisations haïtiennes qui travaillent pour le renforcement des centres de ressources, qui fournissent des soins médicaux, l’assistance juridique et un soutien psycho-social aux survivants.

La lutte contre la violence ne s’arrête pas aux 16 jours d'activisme. Elle doit continuer et elle mérite le concours de toute la collectivité, conclut la diplomate avant de passer le micro aux quatre jeunes femmes qui livrent des témoignages poignants sur les actes de violence dont elles ont été victimes.

En fin de soirée, LoopHaïti a présidé une table-ronde sur la façon de combattre la violence basée sur le genre avec quatre personnalités haïtiennes : Dr. Fritz Moise, ancien directeur exécutif de FOSREF, Nadine Anilus, coordinatrice du « Rezo Fanm Kapab d’Ayiti (REFKAD) », la juge Maguy Florestal, présidente de la section haïtienne de l'Association internationale des femmes juges (CHAIFEJ) et Marie Louise Gauthier, commissaire principale de la PNH depuis 1995.  

16 jours d'activisme contre la violence faite aux femmes