Pour l’écrivaine Yanick Lahens, Haïti n’a pas appris les leçons du 12 janvier 2010

L’écrivaine était en direct sur la page Facebook de LoopHaiti pour une discussion sur le tremblement de terre.

Blue jeans, pull jaune, lunettes bien ajustées… Yanick Lahens, avenante et souriante, vient parler du tremblement de terre à LoopHaiti. « J’étais chez moi » se rappelle celle qui a remporté le prestigieux prix Femina en 2014 avant de préciser qu’elle « écoutait la radio ». « A un moment donné, je me suis dit que la maison va s’effondrer » a-t-elle avoué. Mais chanceuse, Yanick Lahens l’a échappé belle. Avec beaucoup de fortune, mais aussi parce qu’elle a fait « les gestes qu’il fallait ».

« Tout le monde était en état de choc après » s’est rappelée Yanick Lahens qui s’est trouvée dans un « état second » suite au cataclyse. C’est aussi dans cette atmosphère qu’elle a sculpté dans les décombres, sur le désastre humain et matériel son roman « Failles ». Pas seulement parce que « sa maison [d’alors] était bâtie sur une faille secondaire, mais aussi pour dénoncer cette « faille géologique [qui a permis] aux autres failles de la société de se manifester : faille économique, sociale, politique… ».

« Le tremblement de terre a révélé ce que nous étions, et ce que nous continuons à être » déplore l’auteure de « Bain de Lune », un livre au succès international tonitruant. Et de cette « société extrêmement inégalitaire, fragile, vulnérable… », Yanick Lahens s’inquiète de la surenchère répandue autour de sa supposée « résilience ». Il ne faut pas que cela devienne une « structure définitive de vie » défend l’écrivaine.

Haïti a-t-elle tiré les leçons du 12 janvier 2016 ?

Non, répond Yanick Lahens. « Si une catastrophe pareille se présente demain, continue-t-elle, je ne crois pas qu’on est plus prêt qu’on l’était avant le 12 janvier 2010 ».

« Née en Haïti le 22 décembre 1953, Yanick Lahens part très jeune pour la France où elle fait ses études secondaires. En France elle fait également des études supérieures en lettres. À son retour en Haïti, elle a enseigné à l’École Normale Supérieure (l’Université d’État) jusqu’en 1995 ». (’Ile en Ile). 

L'intégrale de l'entrevue est à regarder ICI.

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