Lundi 17 Décembre, 2018

À Port-de-Paix, des professeurs gagnent 2,000 à 3,000 gourdes par mois

Le bâtiment mythique logeant le Lycée Tertulien Guilbeau (LTG) à Port-de-Paix, fondé le 23 février 1971.

Le bâtiment mythique logeant le Lycée Tertulien Guilbeau (LTG) à Port-de-Paix, fondé le 23 février 1971.

« J’enseigne les Sciences sociales depuis huit ans au Lycée Tertulien Guilbeaud à Port-de-Paix (qui vient de fêter son 86e anniversaire le 23 février dernier, NDLR) », explique le professeur-avocat Ferdieu Claude Fils à la rédaction de Loop Haïti. « Avec mes 16 heures de cours, je gagne 3,000 gourdes par mois », ajoute-t-il, voix enraillée, avant d'enfoncer le clou en affirmant que d'autres collègues récoltent seulement entre 2,000 à 2,500 gourdes mensuellement. 

Depuis deux jours à Port-de-Paix, une trêve est observée dans le mouvement pour exiger la nomination des enseignants et le paiement de leurs arriérés de salaire. « Après toutes ces années, je travaille sans lettre de nomination. L’établissement prélève des fonds sur les frais de scolarité pour rémunérer les professeurs contractuels comme moi », indique Ferdieu, correspondant régional de Radio Scoop Fm.

À la fin de la semaine dernière, des professeurs et syndicats d’enseignants avaient lancé un mot d’ordre de grève qui prévoyait l’arrêt de travail lundi, mardi et mercredi, affirme-t-il, mais les grévistes pouvaient capituler si les autorités éducatives avaient décidé de réagir sur les faits reprochés.

Ferdieu reproche au ministre de l’Éducation, Pierre Josué Agénor Cadet son indifférence envers les enseignants du département du Nord-ouest. « Ministre Cadet est originaire du département, il connait mieux que quiconque les faiblesses du système éducatif dans le Nord-ouest », indigne-t-il. « Nous sommes les plus maltraités de la république ! »

Hier, les lycées Tertulien Guilbeaud, Sténio Vincent, Siliomat Guerrier, François Capois et plusieurs autres collèges ont gagné les rues de la métropole du Nord-ouest. Si les professeurs, de leur côté, réclament la nomination et le paiement des arriérés de salaire ; les écoliers, pour leur part, exigent la présence constante des professeurs dans les salles de cours.

Ce matin, l’école fonctionne en demi-teinte dans la ville, des élèves commencent à se regrouper pour la deuxième journée de manifestation, confirme le professeur, avec la peur de les voir recourir aux jets de pierres, comme hier.

Novembre dernier, le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), Pierre Josué Agénor Cadet avait communiqué les résultats d’une enquête conduite par l’institution dans les écoles publiques de la république. « 95% des 4000 enseignants dispensent des cours dans les écoles publiques sans avoir une lettre de nomination de l’État », a révélé le titulaire du MENFP.

Le coordonnateur de l’Union des normaliens du Nord-Ouest (UNNO) appelle le ministère de l’Éducation nationale à assumer ses responsabilités. En chœur, les professeurs ont repris avec tristesse le crédo « pas d’éducation sans la satisfaction de leurs revendications ! » Ils pensent boycotter les examens officiels dans le département s’il n’y a pas d’amélioration dans les conditions de travail, conclut Ferdieu.

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