Jeudi 19 Septembre, 2019

Pompeo va demander aux Saoudiens que les meurtriers de Khashoggi "rendent des comptes"

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo (G) et son homologue qatari Cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani (D), lors d'une conférence de presse conjointe le 13 janvier 2019 à Doha

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo (G) et son homologue qatari Cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani (D), lors d'une conférence de presse conjointe le 13 janvier 2019 à Doha

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a assuré dimanche qu'il demanderait au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, lors d'une visite politiquement sensible à Ryad, que tous les responsables du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi "rendent des comptes".

Laissant entendre que le compte n'y était pas, il a expliqué vouloir s'assurer que Washington "dispose de tous les faits" autour de l'assassinat du journaliste saoudien, tué le 2 octobre dans le consulat de son pays à Istanbul. Et que les auteurs "soient tenus responsables, par les Saoudiens bien sûr mais par les Etats-Unis également".

Cependant, plus de trois mois après le meurtre, le corps de Khashoggi, critique du pouvoir saoudien qui collaborait avec le Washington Post, n'a toujours pas été retrouvé et des zones d'ombre demeurent, dont l'identité du ou des commanditaires de cette opération menée par un commando de 15 agents saoudiens.

L'affaire a affecté les relations entre les Etats-Unis et le royaume sunnite, pilier traditionnel des alliances régionales de Washington, brouillant le message américain au moment où l'administration Trump tente de bâtir une "coalition" solide contre l'ennemi commun, l'Iran chiite.

A Ryad, tous les regards seront donc tournés sur la rencontre de Mike Pompeo avec Mohammed ben Salmane. Lors de sa précédente visite, au plus fort de l'affaire Khashoggi, ses larges sourires auprès de celui que l'on surnomme "MBS" avaient indigné une partie de la classe politique américaine.

Au Qatar, avant l'Arabie saoudite, Mike Pompeo a aussi tenté de pousser à la réconciliation entre les deux pays voisins, sans signe d'ouverture à ce stade après un an et demi de crise qui sape la politique américaine dans la région et paralyse le Conseil de coopération du Golfe (CCG).

"Aujourd'hui j'ai souligné l'importance de l'unité parmi les membres du CCG. Le président Trump et moi-même pensons tous deux que la dispute a duré trop longtemps", a martelé le chef de la diplomatie américaine lors d'une conférence de presse avec son homoloque qatari, cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani.

Au Caire, jeudi, il avait déjà exhorté, dans un discours sur la stratégie américaine au Moyen-Orient, les pays de la région à "dépasser les vieilles rivalités".

En cause, les liens présumés entre Doha et des groupes islamistes radicaux et, justement, l'Iran chiite, ennemi commun des autres pays sunnites de la région. Le Qatar réfute catégoriquement soutenir des mouvements extrémistes et s'est depuis efforcé de donner des gages aux Etats-Unis dans la lutte antiterroriste.

Pour Washington, tourner la page de cette crise est indispensable pour réussir le lancement de son Alliance stratégique du Moyen-Orient, une sorte d'Otan arabe vouée à souder ses alliés du Golfe mais aussi l'Egypte et la Jordanie contre Téhéran.

"C'est compliqué à mettre sur pied", a reconnu samedi à Abou Dhabi le chef de la diplomatie américaine. "Il s'agit d'un accord complexe entre plusieurs nations, auxquelles on demande des engagements significatifs, mais je pense qu'il est possible d'avancer".

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