Dimanche 15 Décembre, 2019

18 novembre: Trois personnes ont été tuées par balle, selon la PNH

Plusieurs morts dans une manifestation en Haïti/ Photos et vidéo: Luckenson Jean/ Loop Haiti

Plusieurs morts dans une manifestation en Haïti/ Photos et vidéo: Luckenson Jean/ Loop Haiti

Trois personnes ont été tuées par balle au cours de manifestations dimanche a annoncé lundi la police nationale d’Haïti (PNH), alors que l’opposition évoque un bilan de 11 tués sur l’ensemble du pays.

«Un jeune homme a été tué hier à Pétionville [une commune de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince] et une enquête a été ouverte» a détaillé Gary Desrosiers, porte-parole de la police.

Certaines sources attribuent ces tirs à un agent de sécurité privée, alors que selon un journaliste c’est la police qui a tiré, a-t-il précisé.

Un autre décès par balle, d’origine inconnue, a été recensé dans la commune de Petit-Goave alors qu’un autre jeune a été tué dans la deuxième ville du pays, Cap-Haïtien, par un agent de sécurité.

Pour cette même journée du 18 novembre, la police a par ailleurs enregistré six autres morts par balle, des décès sans lien aucun avec la manifestation, a précisé M. Desrosiers.

Sans surprise, ce bilan contraste avec celui fourni par l’opposition, qui accuse les forces de l’ordre de vouloir minimiser les dégâts.

L’avocat André Michel, membre d’un des mouvements ayant appelé à la manifestation dimanche, affirme que 11 personnes ont été tuées par balle durant les défilés et 47 autres ont été blessés par des projectiles.

Si l’opposition a pu fournir les lieux où ont été tués ces 11 citoyens, elle n’était pas toujours en mesure lundi de détailler les circonstances et origines des tirs.

Interrogé sur l’écart entre ces bilans, le porte-parole de la police est resté prudent.

«On ne répond pas du tac au tac aux chiffres annoncés par d’autres secteurs», a répondu Gary Desrosiers. «Nos chiffres compilent des faits que nous avons constatés et vérifiés», a-t-il simplement précisé.

Dimanche plusieurs milliers de personnes, dont une large majorité de jeunes, ont manifesté dans les principales villes d’Haïti pour dénoncer la corruption et pour réclamer la démission immédiate du président Jovenel Moïse.

Depuis cet été, les manifestations se multiplient pour réclamer la reddition des comptes dans le dossier Petrocaribe, du nom du programme de prêt consenti, depuis 2008, par le Venezuela dans le cadre d’achats des produits pétroliers.

En 2016 puis en 2017, deux enquêtes du Sénat haïtien sur le mauvais usage de près de deux milliards de dollars de ce fonds avaient épinglé une douzaine d’anciens ministres, du parti actuellement au pouvoir, mais jamais les rapports n’avaient été suivis de poursuites judiciaires.

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