Plus de 46,848 Haïtiens déportés de la République Dominicaine en 2017
Vue d'un véhicule dominicain qui transportait des migrants haïtiens à la frontière. / Photo: Listin Diario
Le directeur du Service des jésuites aux migrants (SJM), le révérend père Jean Robert Déry, dresse un bilan critique en matière de droit des migrants Haïtiens en République Dominicaine en 2017. Sur l’année civile, pas moins de 46,848 migrants haïtiens vivant en république Dominicaine ont été rapatriés, a indiqué le prélat dans une intervention ce mardi 26 décembre sur Radio Vision 2000.
« En 2016, le nombre de migrants Haïtiens déportés par la République Dominicaine s’élevaient à 31 704, soit une progression de 15,000 cette année », estime-t-il. Chiffre en passe d’être augmenté au cours de ces derniers jours qui marquent la fin de l’année 2017.
Violation de droits des migrants
Malgré promesses et accords, la violation des droits des migrants est en nette augmentation, selon le prêtre. « Les migrants qui nous arrivent sont souvent maltraités, blessés ou dans un état très déplorable ». Cette situation, semble-t-il, résulte de leur tentative de prendre la fuite pour échapper à la brutalité policière en République voisine.
La question de couleur refait surface dans ces circonstances-là. Le prêtre pèse l’argument que des migrants sont rejetés de force parce qu’ils sont noirs. « Parmi ceux qui sont expédiés en Haïti, certains détiennent leurs papiers. Mais cela n’empêche en rien qu’ils sont bousculés vers la porte de sortie », regrette-t-il.
La responsabilité du gouvernement
Au niveau des frontières haitiano-dominicaine, les difficultés confrontées par nos compatriotes tendent à se renforcer, observe-t-il. Ainsi, l’organisme exhorte les autorités haïtiennes à s’armer de courage pour accueillir dans la dignité nos compatriotes qui sont revenus.
Par ailleurs, ceux en République Dominicaine doivent avoir en leur possession les documents légaux exigés par les autorités en place afin de pouvoir bénéficier d’une garantie de protection en bonne et due forme suivant le Plan national de régularisation des étrangers (Pnre), conclut le révérend père Déry.


