Samedi 20 Juillet, 2019

Plus de 30 maisons à démolir près de la résidence de Jovenel Moise ?

Plusieurs maisons ont été démolies à pèlerin 5 par des backoloader, le mercredi 4 juillet 2018, près de la résidence du Président de la République, sous ordre du commissaire du gouvernement, pour le seul fait que ces maisons sont jugées être trop rapprochées de la résidence du chef de l’Etat, selon Jean Claude Pierre, un résident de la zone.

Les habitants de Pèlerin 5 sont en grande difficulté. Leur seul tort est que leurs maisons qu’ils occupent depuis des années, se trouveraient trop près de la résidence du président Jovenel Moïse selon ce que déclare Jean Claude Pierre.

Une trentaine de maisons seraient visées par  cette mesure de démolition, plusieurs d’entre elles auraient été déjà démolies sous la houlette du commissaire du gouvernement. Jean Claude Pierre. L’une des résidents victimes a fait savoir que les résidents de la zone ne savent pas à quel Saint se vouer face une telle forme d’expropriation.

Parallèlement une note officielle venant du parquet de Port-au-Prince datant du 3 juillet 2018 exhorte à Monsieur Berson Soljour, Directeur départemental de l’Ouest de la Police nationale d'Haiti (PNH), de prendre toutes les mesures jugées utiles et nécessaires afin que des occupants illégaux du domaine privé de l’Etat soient immédiatement délogés, pour que la sécurité des honnêts gens de la zone soit convenablement assurée.

Cette même note mentionne que le Directeur Générale de la direction Générale des Impôts DG/DGI, en date du 2 juillet 2018, avait dénoncé des individus occupant de manière illégale des espaces faisant partie intégrante des domaines privés de l’Etat.

Une note qui n’a pas laissé indifférente la société civile, quelques parlementaires ainsi que les résidents qui se disent victimes d’expropriation sans dédommagement. Cette décision a provoqué deux jours d’ébullition dans la zone de Pèlerin 5 où une voiture destinée à surveiller la maison présidentielle a été incendiée par les résidents qui protestaient contre leur déguerpissement. 

Berson Soljour, le Directeur départemental de l’Ouest, a réagi pour dire que ce vent de panique qui souffle sur la zone de Pelerin 5 jusqu’à Laboule 12 (les mercredi 4 et jeudi 5 juillet) est venu des prétendus propriétaires d’une série de maisonnette construites de manière anarchique à hauteur de la résidence du chef de l’Etat de la République. Ces maisonnettes ont été construites sans respecter les normes, sans permis de construire, a-t-il confirmé. 

Monsieur Berson Soljour rappelle que depuis le début de ces constructions anarchiques, la mairie de Pétion avait déjà interdit l’achèvement de ces travaux. Quoiqu’interdit, les prétendus propriétaires ont poursuivis les chantiers jusqu’à les achever. La PNH, le DDO, ont accompagné les autorités judiciaires, avec la présence du commissaire du gouvernement, pour faciliter le déguerpissement de ces "occupants illégaux".

Le député de la commune de Kenscoff, Alfredo Antoine, proche du PHTK, le parti du pouvoir en place, semble ne pas être d’accord avec cette décision du commissaire du gouvernement. Le parlementaire quoique proche du pouvoir en place, a qualifié d’illégale et arbitraire la décision du commissaire du gouvernement.

Le président de la commission planification et Coopération Externe invite les victimes à porter plainte contre l’Etat haïtien et tous ceux qui ont été impliqués dans ce processus de démolition.

Marc-Evens LEBRUN   

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