Mercredi 21 Octobre, 2020

Un livre photo pose le problème de l’urbanisation à Port-au-Prince

illustration d'un citoyen qui prend une douche en plein air au cimetière de Port-au-Prince Crédit Photo : Georges Harry Rouzier

illustration d'un citoyen qui prend une douche en plein air au cimetière de Port-au-Prince Crédit Photo : Georges Harry Rouzier

Le photojournaliste Georges Harry Rouzier fera la vente signature de son ouvrage intitulé "Une ville dans la ville" le 1er février prochain au restaurant Yanvalou. Un livre qui met en débat le problème de l’urbanisation de la capitale haïtienne en prenant pour échantillon le cimetière de Port-au-Prince créé en 1770.

« Le meilleur témoin de l’histoire de la capitale haïtienne est son cimetière, construit 34 ans avant l’Indépendance d’Haïti », a révélé le photojournaliste haïtien dans la trentaine Georges Harry Rouzier à la rédaction de Loop ce jeudi. L’ambition de l’auteur à travers ses clichés c’est de montrer les similitudes architecturales entre la ville de Port-au-Prince et son cimetière.

Le photographe a constaté que ce lieu de sépulture s’est transformé, depuis quelque temps, en habitat de prostitution, baignoire en plein air, marché minuscule, dortoir de sans-abris et espace de détente, entre autres. Un traitement qui ne se diffère pas de celui infligé à la capitale par ses habitants.

Attention ! Faussaire

« Le cimetière a été construit en 1770 la même année que la ville de Port-au-Prince a été déclaré capitale coloniale de Saint Domingue par les colons, explique Rouzier. L’une des meilleures pièces pouvant raconter le vécu de Port-au-Prince dix ans après le séisme de 2010 est son cimetière ».  

Fait insolite, la spoliation existe bel et bien au cimetière de Port-au-Prince. À côté des cadavres que cache ce lieu d’inhumation, il abrite des vivants dont leur métier est de s’accaparer (parfois de force ou d’usurpation) des caveaux pour les revendre à des particuliers.

Rouzier, conscient des problèmes fonciers et d’urbanisation au cimetière, a marché sa caméra pendant quatre ans pour aboutir à la compilation de ces clichés. « Les tracées, les allées ne sont pas bien construites, estime-t-il. Des port-au-princiens rencontrés témoignent qu’ils ne peuvent plus retracer les caves de leurs ascendants enterrés deux ou trois ans plus tôt ». Il prévient d’un autre danger important : « quiconque ne visite pas régulièrement sa cave au cimetière de Port-au-Prince la perdra ! ».

Pourquoi acheter cet ouvrage ?

Avec ce travail réalisé dans le cadre de l’appel « Enquêtes et grands reportages pour les 10 ans du séisme » lancé par FOKAL en Été dernier, l’auteur veut conscientiser les lecteurs sur le problème foncier ayant conduit à la mort du fondateur de la nation haïtienne, Jean-Jacques Dessalines. Cette œuvre est une immersion dans une galerie teintée de récits qui ont été compilés pendant quatre années.

D’après Rouzier, trois bonnes raisons sont à prendre en compte par le lecteur pour se procurer un tel ouvrage. D’abord, ce "livre-photo" peut bien mener à la découverte de la problématique d’urbanisation que vit la majorité des haïtiens ; ensuite, la prise en compte que la pauvreté s’est exacerbée à Port-au-Prince et la population devient plus vulnérable ; enfin la résultante du comportement des citoyens dans la capitale 10 ans après le séisme de 2010.

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