Mercredi 16 Octobre, 2019

Certains policiers sont-ils en guerre contre la population haïtienne ?

Les derniers épisodes enregistrés pendant et par la suite de la manifestation du 9 juin pour réclamer la démission du président Moiïïse et la tenue procès Petrocaribe, poussent les citoyens à se poser cette question. Certains éléments de la police nationale, sont-ils en guerre contre la population haïtienne ?

Des milliers de citoyens de diverses du pays ont foulé, dimanche 9 juin 2019, le béton pour réclamer la démission du président de la République Jovenel Moise, condition sine qua non à la tenue du procès Petrocaribe puisque, selon le rapport de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, le chef de l'Etat est impliqué dans la dilapidation des fonds vénézuéliens. Les premiers moments de la manifestation déroulée dans la capitale étaient sans incident jusqu’à l’intervention policière à proximité de Champs-de-Mars.

Alors que des manifestants s’apprêtaient à se rendre sur la place de la constitution, lieu de jonction des différentes branches de la mobilisation de ce dimanche, des agents de la Police nationale d’Haïti ont ouvert le feu sur les manifestants. Un jeune homme d’une trentaine d’années a été touchée mortellement. Michel Dominique Victor et Esdra Jeudy, deux journalistes de Radio Sans Fin ont été pris pour cibles par des policiers. Ces travailleurs de la presse se sont agenouillés et criaient « Nous sommes de la presse » pour calmer la fureur des agents, mais même alors, ils ont tiré sur les journalistes à bout portant. 

Des agents de la PNH ont tué deux manifestants qui érigeaient des barricades dans la commune de la Croix-des-Bouquets. Non loin de la résidence officielle du chef de l’Etat à Pèlerin, d'autres membres du corps policier qui assuraient vraisemblablement la sécurité des parages de la maison du président ont lapidé un homme. Cette scène ayant fait le tour du web révolte la conscience de bon nombre de citoyens.  

En réaction, la direction générale de la PNH, dans une note de presse, annonce l’ouverture d’une enquête afin d’identifier les responsables de l'acte. Toutefois, certains acteurs jugent qu’une enquête n’est pas nécessaire en raison du fait que les policiers qui ont torturé les manifestants sont facilement repérables.

« L’institution policière sait bien quelle patrouille assurait la sécurité des parages de la maison du président Jovenel Moïse et qui est responsable de cette opération », écrit Me Patrice Florvilus, directeur exécutif du cabinet spécialisé en litiges stratégiques. Il demande au commissaire du gouvernement de Port-au-Prince de s’auto saisir afin de mettre l’action publique en mouvement contre les auteurs et co-auteurs de cet acte crapuleux.

Aussi, un groupe de manifestants en provenance de Pétion-Ville a été aspergé de gaz lacrymogène par la police à Lalue non loin de la Unibank. Des citoyens ont failli être asphyxiés. Heureusement, certains protestataires ont fait preuve d’humanité et ont secouru les plus faibles.

Lors d’un point de presse à la fin de la journée, la police a fait état deux morts, de quatre blessés dont un du rang de la police et d’une douzaine arrestation. L’opposition contredit le bilan de la PNH et parle de 7 morts, de plus d’une dizaine de blessés et plus d’une centaine d’arrestations.

En dépit des brutalités policières, la population n’entend pas lâcher du lest. Les Petrochallengers annoncent la poursuite de mouvement dont les revendications sont : la démission du président de la République et la tenue du procès Petrocaribe.

Recevez gratuitement les dernières nouvelles d'Haïti et d'ailleurs directement sur votre téléphone en téléchargeant l'App de Loop News :