Lundi 15 Juillet, 2019

 #PetrocaribeChallenge: pour une politique culturelle en Haiti...

Rares sont les artistes et opérateurs culturels à prendre clairement position dans la société haïtienne. Le vendredi 24 août, certains se sont engagés, sur le macadam dans le cadre du sit-in. Si pour Gaëlle Bien-Aimé, la lutte contre la corruption est aussi un combat pour une politique culturelle dans le pays, pour Jean Samuel André dit Jasmuel, il est inconcevable qu'un artiste ne se solidarise pas à cette lutte, sous une forme ou sous une autre.

"Nous ne sommes pas reconnus comme artistes. Il n'y a aucune politique culturelle dans ce pays. L'Etat ne prend pas en compte le fait que notre pays soit un pays culturellement riche", regrette la présentatrice de "AnRiyan" sur Ayibopost.

Le 24 août, devant les locaux de la Cour supérieure des comptes,  Gaëlle était parmi ceux qui demandaient des comptes sur la dilapidation du fonds Petrocaribe. Avant ce jour fatidique, elle faisait de la cyber mobilisation, en utilisant son influence pour sensibiliser ses fans, sur Twitter, Facebook et Instagram.

En dépit de la vulnérabilité des acteurs du secteur artistique et culturel qui contraint certains artistes à ne pas dénoncer, d'autres prennent position contre l'injustice. Quand ils ne briguent pas un poste politique, les artistes s'alignent du coté du capital, pour pouvoir vivoter.  

"Si nous n'avons pas un mécène, nous sommes condamnés à quémander. Nous devons être un vecteur de changement pour la société et pour notre secteur également", croit Gaëlle.

Pour sa part, Jasmuel ne voit pas d'un bon œil la passivité de certains artistes. Selon l'humoriste, quand l'inaction peut s'assimiler à du boycottage, lui, il se montre moins tolérant.  

" Je trouve cela aberrant, qu'un artiste, peu importe son domaine, qui produit du contenu pour cette société, ne s'adonne pas à un mouvement citoyen de cette trempe. Je respecte leur position. Mais quand elle peut être vue comme  une manière perfide de faire échec à l'initiative, je le prends pour une complicité", explique Jasmuel.

Le sit-in  du 24 août a été l'occasion pour de nombreux internautes de passer du virtuel du réel, dans la lutte contre la corruption. Plusieurs autres personnalités du milieu artistique et culturel comme le chanteur Bélo, le promoteur Harry Luc, le chanteur Mikaben, pour ne citer que ceux-là y ont pris part.

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