Samedi 30 May, 2020

Pénurie d'essence: «le marché noir est interdit », rappelle Villard

Photo: Alexandre Michel

Photo: Alexandre Michel

Face au commerce clandestin provoqué par la rareté de carburant sur le marché, le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince place son mot. « Le marché noir ou la spéculation illicite est interdite », l’avertissement de Paul Eronce Villard lancé aux responsables de compagnies pétrolières.

Bousculade dans les pompes à essence, des gallons, des voitures et des motocyclettes alignés: depuis plus de cinq (5) jours, ce tableau est le même dans presque tous les départements du pays. La pénurie persiste, pourtant le précieux liquide est disponible dans certains coins de Port-au-Prince. Entre 500 à 750 gourdes, le prix varie en fonction du lieu. Ce qui a donné naissance à plusieurs mouvements de protestation dans la capitale.

 

Si certains citoyens dénoncent ce qu’ils appellent « le marché noir provoqué par les compagnies pétrolières », d’autres tentent de mettre la responsabilité sur le dos de l'équipe au pouvoir. De son côté, le commissaire du gouvernement près le Tribunal de Première instance de Port-au-Prince veut recadrer ce débat controversé. « Je rappelle à la population en générale, particulièrement aux compagnies pétrolières que « le marché noir ou la spéculation illicite est interdite », a averti Paul Eronce Villard.

Pour renforcer sa thèse, le chef du Parquet de la capitale brandit l’article 1er de la loi du 20 décembre 1946 sur le marché noir ou la spéculation illicite, paru dans Le Moniteur le 2 janvier 1947, qui considère comme spéculation illicite tout fait d’acquisition, de vente, cession, échanges de marchandises au-dessus du prix fixé par les instances concernées. Dans cette loi, il est mentionné également que tout stockage clandestin ou refus de vente en dehors des formes prescrites par les dispositions légales est interdit.

« Toute personne coupable de ce délit est passible d’une peine d’emprisonnement allant de 6 mois à trois (3) ans  et d’une amende de 500 à 100 mille gourdes », rappelle Me Villard dans une note de presse rendue public ce mardi 3 septembre 2019, alors que Port-au-Prince connaît sa deuxième journée blanche à cause de la pénurie. 

Le commissaire du gouvernement informe déjà avoir passé des instructions formelles aux autorités policières aux fins de procéder à l’arrestation de tous les contrevenants à ce principe. « Après la rédaction des procès-verbaux de circonstance, les personnes appréhendées seront déférées au Parquet conformément à cette disposition en attendant l’approvisionnement normal des stations-service », a conclu Paul Eronce Villard. 

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