Vendredi 3 Avril, 2020

A Pedernales, l'absence des haïtiens paralyse le marché binational

Sur la frontière haitio dominicaine. Crédit : Listin Diario

Sur la frontière haitio dominicaine. Crédit : Listin Diario

Pour une deuxième fois ce lundi, la municipalité de Pedernales a échoué dans ses tentatives de rouvrir le marché binational fermé depuis un mois, à cause de l’absence des Haïtiens sur les lieux. Ces derniers ayant été chassés hors du territoire par les menaces d'un groupe d'extrémistes dominicains en colère à cause de l’assassinat de deux de leurs compatriotes.

Le marché dit binational, espace d’importantes activités commerciales et source de revenus non négligeable pour la province de Pedernales, est d’une grande importance pour les dominicains. Face à cette paralysie, ils accusent les autorités haïtiennes de boycotter les activités du marché.

L’économie de cette province frontalière a effectivement diminué à cause de la fermeture du marché, rapporte le journal dominicain Listin Diario. De nombreuses activités sont paralysées, notamment la vente de vêtements usagés emballés dans la zone franche de Pedernales.

La population de Pedernales ne cesse de demander aux autorités dominicaines de trouver une issue à cette situation. Une manifestation a même été organisée à la fin du mois de mars pour réclamer le retour des consommateurs haïtiens dont l’absence pèse sur l’économie de la communauté.

Le maire de Pedernales, Luis Manuel Felix Matos, dépassé par les événements, accuse son homologue haïtien d’Anse-à-Pitres, Harry Bruno, d’avoir fait pression sur ces concitoyens haïtiens en les interdisant d’aller vendre ou acheter au marché dit « binational ».

Dans les colonnes de Listin Diario, il affirme que le maire haïtien, Harry Bruno a déjà boudé plusieurs rencontres - afin de négociation - entre les deux municipalités.

Pour sa part, rejoint par Loop Haïti, le maire d’Anse-à-Pitres informe ne pas pouvoir « livrer les Haïtiens à la boucherie en les permettant de se rendre à Pedernales sans aucune négociation, au préalable, avec les autorités dominicaines ».

À plusieurs reprises, la vie de plusieurs autorités haïtiennes a été mise en danger et menacée alors qu’elles se rendaient en République voisine pour négocier sur des situations de tension entre les deux peuples. L’élu d’Anse-à-Pitre, prudent, craint la reproduction de telles scènes et par conséquent invite son homologue dominicain à venir « négocier au Consulat dominicain se trouvant à Anse-a-Pitres (en Haïti) ».

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