Jeudi 21 Novembre, 2019

« Partez tous ! », le cri de Bernard Gousse 

Dr. Bernard Gousse 

Dr. Bernard Gousse 

En lisant son texte, on voit un citoyen frustré, déçu et fatigué de l’insensibilité et l’avarice de nos dirigeants. L’ancien ministre de la justice et de la sécurité publique Bernard Gousse qui dénonce un complot contre l’intelligence n’y va pas par quatre chemins. « Il nous faut donc faire le ménage», exige-t-il.

Me Gousse s’insurge contre un exécutif qui dit-il, a failli sur tous les plans alors que ses membres restent attachés « à des fonctions qu’ils déshonorent tout en en profitant des privilèges avec une arrogance que n’égale que leur incompétence et que leur autorité ne leur sert qu’à une chose : écraser le peuple, sirènes hurlantes, avec les grosses voitures dont nous assumons les coûts ».

« La population, avec raison, se sent violée face à l’insécurité impunie, volée par la dégringolade de la gourde et le gaspillage des fonds Petrocaribe, insultée par les stratagèmes de protection des dilapidateurs lesquels sans vergogne ambitionnent leur retour au pouvoir », regrette Bernard Gousse.

L’ancien garde des sceaux de la république s’en prend également aux parlementaires qui pillent de plus en plus les impôts des citoyens qui n’ont pas droits aux services sanitaires et éducatifs. Me Gousse décrit les parlementaires comme des vulgaires, des destructeurs qui ne pensent qu’aux avantages qui ne leur reviennent même pas, des parlementaires qui oublient que voter des lois est l’une de leurs fonctions principales.

« Nous sommes insultés par un parlement qui ne vote rien, un parlement kleptomane qui engloutit chaque année davantage de fonds des contribuables que pour la santé ou l’éducation. Un parlement où la vulgarité, le vandalisme et l’indécence ont remplacé la rhétorique. Des parlementaires qui ne pensent qu’à leurs avantages immérités et pas aux lois à voter.

Une population affamée ne peut comprendre que les parlementaires du pays le plus pauvre du continent s’arrogent des privilèges dont un parlementaire britannique n’ose même pas rêver. En appliquant au parlementaire haïtien le même taux de rémunération dont bénéficie son homologue anglais, soit 2,7 fois le PIB par habitant, l’ensemble de ses émoluments, i.e salaire plus autres avantages, ne devrait pas être supérieur à US $2.175 ! Êtes-vous prêts, messieurs, dames, à une telle cure d’amaigrissement ? », s’interroge Me Gousse

L’ex titulaire du MJSP n’a pas hésité à dénoncer l’anarchie qui règne dans le pays où la population est livrée à elle-même. « Même à la capitale, les administrations centrales des ministères sont paralysées, les tribunaux dysfonctionnels et, nous qui les payons n’avons droit à aucun service », dénonce l’homme de loi qui n’a pas négligé d’énoncer la faiblesse de la police nationale d’Haïti. « La police est injuriée par un pouvoir qui la désavoue et libère des mercenaires étrangers. Elle est démoralisée lorsqu’à chaque arrestation de criminels des politiciens font pression et obtiennent leur libération », s’indigne-t-il.

Bernard Gousse, pour remédier à cette situation propose que l’intégrité, la formation, la discipline et la réussite professionnelle soient les conditions d’accès aux fonctions électives ou nominatives. « Je suis persuadé que la majorité d’entre nous attend et est prête à soutenir ces hommes et ces femmes désireux de servir dans la dignité, de faire la guerre au crime et à la corruption, de favoriser l’effort….. et de projeter au monde une autre image d’Haïti fière et digne", indique l’ancien ministre qui dit croire que le pays disposent de compétences qui ne demandent qu’à être sollicitées.

"Vous nous faites honte", dit Gousse, s'adressant aux politiques. "Partez, mais partez tous !", tranche-t-il.

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