Samedi 7 Décembre, 2019

[OPINION] Haiti-Insécurité: Jovenel Moïse entre prudence et lâcheté

Jovenel Moise, Président de la République

Jovenel Moise, Président de la République

Texte d'opinion proposé par Wesly JEAN et Miki JULIEN

Plus personne n'est épargnée par cette vague de violence qui sévit dans les grandes villes du pays particulièrement dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, où policiers et honnêtes citoyens sans distinction succombent sous les projectiles des bandits. Depuis environ six (6) mois des groupes armés assiègent certains quartiers de la capitale tels que: Cité de Dieu, Martissant, Grand-Ravine et La Saline pour ne citer que ceux-là. 

Les habitants de ces quartiers se trouvent entre l’enclume et le marteau, ils ne savent plus à quel saint se vouer et à cause de leurs situations économiques précaires n'ont pas d'endroit où se réfugier. À la tête de chacun des quartiers précités règne un chef (bandit) qui défie les forces de l'ordre avec sa lourde artillerie (armes automatiques et de grand calibre), terrorise les gens et établit ses lois. Les intrigantes questions que l'on se pose tous à ce sujet et qui restent jusqu'à présent sans réponse sont les suivantes: Qu'est-ce qui engendre cette guerre fratricide dans les quartiers populaires? Qui alimente cette violence à grande échelle ? Ces jeunes des quartiers
pauvres, où trouvent-ils les moyens pour se procurer des armes et des munitions, lorsque nous savons tous que ces matériels sont très couteux et qu'Haïti n'est pas producteur d'arme et de munition? Quand cette guerre prendra-t-elle fin? 

Sans exagérer, il est donc clair que le gouvernement est complètement dépassé par les évènements et se montre de plus en plus impuissant face à cette funeste situation qui dure trop. D'un autre côté, reddition de compte et départ du pouvoir en place sont les exigences des leaders de l'opposition qui s'accaparent à tout prix du mouvement Petrocaribe. Et sans grand étonnement, on constate une réduction du nombre de manifestant dans les rues à cause de certaines discordances et les annonces de violence faites ces derniers jours. Le bilan très mitigé de la journée du 18 novembre fait encore planer des doutes. Doit-on se fier aux chiffres de la police ou à ceux de l'opposition politique? 

Certains considèrent la commémoration de la bataille de Vertières à Port-au-prince, hors du site historique comme une stratégie politique, une décision de sagesse en vue d’éviter des dommages collatéraux au cas où le président aurait été attaqué. D'autres pensent que Jovenel Moïse déjà en perte de légitimité craint de perdre la face devant l'opposition politique qui se renforce de plus en plus et se satisfait d'avoir fait échec au pouvoir et pense pouvoir le renverser très prochainement. 

Toutefois, quant à la gestion du pays après un éventuel départ du Président Jovenel Moïse, l'approche du secteur démocratique et populaire ne rassure personne. De ce fait, le pays risque de sombrer dans un chaos pire que celui de février 2004, qui nécessitera bien sûr l’intervention des FORCES ONUSIENNES. À ce moment, l’international imposera tout à l’opposition malgré ses excès et son arrogance. Vaut mieux d’être avant-gardiste et éviter tout ce mal au pays, puisque nous clamons tous un amour inconditionnel pour Ayiti et nous disons toujours qu’aucun sacrifice n’est jamais trop grand pour sauver la patrie.

Si Haïti fait toujours face à ces genres de crises politiques incessantes, c’est tout simplement parce que nous créons un interminable conflit entre le droit et la politique. Un problème qui est déjà résolu par le principe de la légalité (des sujets de droit) qui est donc le fondement même de l’État Droit, selon lequel toute norme, toute décision qui est contraire à la constitution et aux lois, est susceptible de provoquer une sanction juridique. Ce qui signifie, en des termes clair, que le pouvoir politique est limité par le Droit. La politique crée le Droit mais une fois créé, le droit prime sur la politique pour régler la vie en société, car les actes et actions des politiques doivent-être prévus et encadrés par le Droit pour rassurer les citoyens.

Mais malheureusement, la volonté de la politique à tout absorber, sans se soumettre au Droit (règles de droit), a inversé l’ordre des choses. Depuis que la politique prime sur le Droit, c’est donc l’anarchie presque totale. Et c’est exactement le cas actuel de notre société, prise en otage par la politique depuis bien lustre sans pouvoir se libérer.

Wesly JEAN et Miki JULIEN, Licenciés en Droit.

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