Mardi 23 Octobre, 2018

Sweet Micky "est supporté par ses sponsors, non par l’Etat haïtien"

Sweet Micky sera indépendant sur le parcours parce que sa participation au défilé est supportée par ses sponsors, non par l’Etat haïtien. / Olivier Martelly (Facebook)

Sweet Micky sera indépendant sur le parcours parce que sa participation au défilé est supportée par ses sponsors, non par l’Etat haïtien. / Olivier Martelly (Facebook)

L’actualité autour du carnaval national 2018 ne cesse de surprendre. Ce week-end, dans la foulée des préparatifs pour le concert The Masquarade à Tara’s, samedi 3 février, Olivier Martelly a dépeint un tableau sombre du plus grand événement culturel et artistique du pays.

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« Avant-hier, j’assistais à une réunion où les membres du comité du carnaval n’avaient pas pu s’entendre », critique vertement l’artiste-producteur qui vient d’offrir son char au chanteur Roody Roodboy. Il rajoute qu’il est étonnant de voir que même dans une salle de quelques mètres carrés l’hypocrisie n’y est pas proscrite. À seulement huit jours du coup d’envoi, les artistes s’inquiètent encore sur les conditions de participation, poursuit le manager du groupe Sweet Micky.

 

Olivier Martelly n’a pas mâché ses mots envers les artistes haïtiens devenant de plus en plus médisants et hypocrites. « Huit artistes dans une salle sont carrément des frères. A la minute que l’un se déplace, les autres casseront du sucre sur son dos », regrette l’artiste, appelant à la reconsidération des valeurs du vivre ensemble.  

Dans cette interview exclusive à Guy Wewe, le fils de l’ancien président a éclairci les doutes sur la participation du groupe Sweet Micky au défilé carnavalesque sur le Champ de Mars les 11, 12 et 13 février prochain. C’est bien connu, à côté des 19 autres groupes décidés par le comité du carnaval national, Sweet Micky y est figuré.

Toutefois, « Sweet Micky sera indépendant sur le parcours parce que sa participation au défilé est supportée par ses sponsors, non par l’Etat haïtien », confirme l’actuel manager du groupe. « Sweet Micky a reçu l’autorisation formelle du comité pour y prendre part parce qu’on ne pouvait pas débarquer brusquement sur le parcours », poursuit-il.

Donc, le comité n’offre pas de char sonore à mon père, sinon que l’autorisation d’y participer, explique Olivier Martelly.

Ce dimanche 4 février, l’artiste Roody Roodboy a entrepris la démarche institutionnelle d’adresser une correspondance au président du comité du carnaval, M. Claudel Dumas. Le chanteur demande l’« autorisation formelle de faire partie du parcours, tous les frais étant couverts par ses partenaires ». 

En attendant la (probable) réponse du comité à l’artiste, le DJ le plus populaire du pays, M. Tony Mix a enfoncé le couteau dans la plaie. « Si le comité permet à un char d’être sur le parcours sous couverts de ses partenaires, j’y serai », prévient l'entertainer sur Twitter, quelques heures après la publication de la correspondance de Roody Roodboy.

24 janvier, le comité du carnaval de l’Indépendance aux Gonaïves a pris la fâcheuse décision d’écarter Michel Martelly et son groupe Sweet Micky du défilé carnavalesque qui doit avoir lieu les 2, 3 et 4 février prochain. Cinq jours plus tard, le Conseil municipal de Jacmel a emboité le pas en interdisant la participation de la bande à Martelly au carnaval de Jacmel de 2018. Ce jeudi 1er février, le Collectif des citoyens de Port-au-Prince a annoncé la tenue d’un sit-in devant la Mairie de Port-au-Prince pour exiger la mise à l'écart de Sweet Micky du Défilé Carnavalesque à Port-au-Prince.