Jeudi 24 Janvier, 2019

OEA : les yeux rivés sur la position d'Haïti par rapport au Venezuela

Au Venezuela, le président Nicolas Maduro, réélu le 20 mai 2018 au terme d’un scrutin contesté, aura à prêter serment ce jeudi 10 janvier 2019. Ce même jour, le Conseil permanent de l’Organisation des Etats Américains (OEA) aura à statuer - par rapport à la gestion de Maduro - sur la crise économique et politique qui ronge le Venezuela depuis environ trois ans.

Cela étant, Haiti en tant que « pays ami » du Venezuela et membre de l’OEA se trouve face à une situation dans laquelle il faudra choisir entre deux décisions contradictoires. Et ce, quel que soit le choix, l’enjeu sera de taille. Se positionner contre le régime de Maduro en dépit de ses relations avec le Venezuela ou se ranger à ses côtés, une position contraire à celle des États-Unis ?

Invité à répondre à ce sujet au micro de Magik 9, le ministre des Affaires Etrangères d’Haïti, Bocchit Edmond, confirme la présence de l’ambassadeur Léon Charles, représentant permanent a.i. d’Haïti à l’OEA, dans la réunion de ce jeudi. C’est ce qui est jusque-là « important », selon lui. La réunion du Conseil permanent de l’OEA à Washington débouchera, certes, sur une résolution par rapport à la crise au Venezuela, mais rien ne dit qu’il s’agira d’un vote. D’ailleurs, il dit ne voir aucun signe qui le montre.  

Toutefois, le ministre des Affaires Etrangères soutient que la position d’Haiti dépendra de la dynamique des discussions. « Dans ces genres de situations, c’est toujours difficile d’avoir une position arrêtée au départ […] », rajoute-t-il.

Concernant la participation d’Haiti à l’investiture de Nicolas Maduro, Bocchit Edmond relate que « pour des raisons diverses, cela peut arriver qu’un pays n’envoie pas une délégation de haut niveau dans un cas pareil. Et ce, malgré les bons rapports qui peuvent exister entre les deux pays en question ». En effet, il précise que le président haïtien se fera – dans tous les cas – représenter par l'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, Lesly David, basé à Caracas, « dignement » à cette cérémonie d’investiture.

Dans la même veine, le 4 janvier dernier, 14 gouvernements réunis sous l’appellation du « Groupe de Lima » ont fait valoir leur désaccord quant au processus électoral ayant conduit au second mandat de Nicolas Maduro.

Les Etats du Groupe de Lima « ne reconnaîtront pas la légitimité du nouveau mandat présidentiel du régime de Nicolas Maduro, qui débutera le 10 janvier, en raison d'un processus électoral qui n’avait pas donné les garanties et les normes internationales nécessaires à un processus libre, juste et transparent », lit-on dans un communiqué.

Pour sa part, Nicolas Maduro y voit une forme de conspiration ficelée, entre autres, par Donald Trump et Jair Bolsonaro à son encontre. Les Etats-Unis, le Brésil ou encore la Colombie qui manigancent afin d'aboutir à sa chute, à son avis.

Recevez gratuitement les dernières nouvelles d'Haïti et d'ailleurs directement sur votre téléphone en téléchargeant l'App de Loop News :