Lundi 19 Août, 2019

Nouvelles tensions à Paris pour l'acte 23 des "gilets jaunes"

Affrontements entre manifestants et forces de l'ordre lors de l'acte 23 des manifestations des "gilets jaunes", le 20 avril 2019 à Paris

Affrontements entre manifestants et forces de l'ordre lors de l'acte 23 des manifestations des "gilets jaunes", le 20 avril 2019 à Paris

Mobilisés depuis plus de cinq mois, les "gilets jaunes" étaient de retour dans la rue samedi pour un acte 23 marqué par de nouvelles tensions à Paris, à l'issue d'une semaine dominée par l'incendie à Notre-Dame.

De premières échauffourées ont éclaté en début d'après-midi près de Bastille et se sont poursuivies aux abords de République par un face-à-face tendu entre manifestants et forces de l'ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et ont procédé à plusieurs charges devant un restaurant McDonald's, parfois munies de lanceurs de balles de défense.

Dans un tweet, la préfecture de police a appelé les manifestants à se "désolidariser des groupes violents". A la mi-journée, la police avait procédé à Paris à 137 interpellations et plus de 11.000 contrôles préventifs, selon la préfecture. A 15H, 110 personnes avaient été placées en garde à vue dans la capitale, selon le parquet.

La manifestation parisienne s'était jusque-là déroulée dans un calme relatif autour des mots d'ordre portés par ce mouvement protéiforme pour plus de pouvoir d'achat et de démocratie directe. Un autre cortège, parti lui de la basilique de Saint-Denis mais beaucoup moins suivi, se déroulait sans le moindre incident, a constaté l'AFP.

La méfiance était palpable à quelques jours des mesures que le chef de l'Etat doit dévoiler jeudi après le grand débat national et dont il avait dû différer l'annonce en raison de l'incendie de Notre-Dame.

L'incendie de Notre-Dame était également dans les esprits et divisait les troupes. "Notre-Dame, c'est pas nous", pouvait-on lire sur une pancarte qui voisinait des posters de l'édifice et des affiches "Je suis Notre-Dame".

"Victor Hugo vous remercie pour Notre-Dame de Paris mais n'oubliez pas les misérables", proclamait une banderole.

Pour cet acte 23, des défilés étaient également prévus dans plusieurs villes en région.

"On vient depuis le début, pour les injustices, la pauvreté", dit Loïc, chef d'entreprise manifestant en famille. "Il y a moins de monde que d'habitude (...). Ca va être plus épisodique", dit-il.

Comme lors des récentes semaines, les autorités avaient interdit aux manifestations des lieux emblématiques de plusieurs villes: les Champs-Élysées à Paris, ainsi que les abords de la cathédrale de Notre-Dame où certains "gilets jaunes" voulaient converger.

Plus de 60.000 policiers et gendarmes sont mobilisés dans tout le pays. Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, qui a fait un "point sur la situation" lors d'un déjeuner samedi à l'Elysée avec Emmanuel Macron, avait mis en garde vendredi contre le retour des casseurs.

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